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industrie coton textile

Le coton est le premier produit agricole d’exportation du Burkina Faso et la principale source de monétarisation de l’économie en milieu rural. Il contribue bon an mal an pour environ 4 % au PIB et 17 % aux recettes d’exportations du pays.

Il permet ainsi à plus de quatre millions de Burkinabè de disposer de revenus et d’améliorer leurs conditions de vie. Pourtant, pas plus de 5 % de la production nationale de coton conventionnel et de coton bio n'est transformé sur place. face à cette situation les autorités et les industriels nourrissent la même ambition: relancer l’industrie manufacturière coton-textile. Plusieurs projets, à des états d’avancement différents, existent, sans compter les salons que le Gouvernement multiplie pour promouvoir le pagne tissé burkinabè 'Faso Dan Fani'.

Une usine d'égrenage dédiée au coton bio

Conscient des nouveaux enjeux économiques autour du coton bio, le Burkina Faso impulse cette culture depuis plus d'une quinzaine d’années. Cependant, le coton bio burkinabè était égrené à la fin de la saison dans les mêmes usines que le coton conventionnel, après que celui-ci l’ait été. Cela entraînait des paiements tardifs, toute chose qui démotivait les producteurs de coton bio.

C’est pour prendre en charge cette problématique, ainsi que pour améliorer la valeur ajoutée du secteur, que le projet Récolte, financé par le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA), a permis la création d’une usine dédiée à l’égrenage du coton bio en partenariat avec l’Union Nationale des Producteurs de Coton du Burkina Faso (UNPCB), la Sofitex et L'ONG Catholic Relief Services (CRS). Située à Koudougou, sa réception est intervenue en janvier 2020. Plus de trois milliards de francs CFA ont été nécessaires à sa réalisation. L’usine a une capacité d’égrenage de 15 000 tonnes. Pour plus de rentabilité, elle égrènera le coton conventionnel en surplus.

Lire aussi : Filière coton-textile, cap sur l'industrie de transformation

Vers la réouverture de l'usine Faso FANI

Des pourparlers ont démarré en juin 2018 entre Fasotex et le groupe indien Jain Shawls pour la réouverture de Faso Fani, l’usine de filature et de confection de tissu, fermée en 2002. Elle était essentiellement consacrée à la fabrication du Faso dan fani, le tissu emblématique burkinabè qui a fait un retour en force depuis 2014 et qui s'affiche désormais comme un symbole de fierté nationale. 

Les travaux avant l'ouverture comprenait la désinfestation du site, la réfection des anciens bâtiments, la construction de deux autres et l’installation de nouvelles machines.

A sa réouverture l'usine devrait avoir une capacité de transformation de 50 tonnes par jour pour durant la première phase du projet. De quoi mobiliser une main d’œuvre d’environ 1 000 personnes dans un premier temps.

Ayka Textile

Le projet de la société turque Ayka Textile, présente en Éthiopie depuis 2006, où elle emploie 7 000 personnes, est sans doute le plus impressionnant. L’usine de transformation de coton envisagée a un coût estimatif de plus de 220 milliards de francs CFA et devrait générer à terme près de 12 000 emplois directs et 50 000 emplois indirects.

Ledit projet bénéficierait du soutien financier de plusieurs partenaires comme Afreximbank (la Banque africaine d’exportation et d’importation) ou la Banque africaine de développement (BAD). Il est prévu que l’usine dispose de sa propre centrale thermique d'une capacité de 35 MW.

L'unité semi-industrielle de François Ier

Le président Roch Marc Christian Kaboré a inaugurée fin septembre 2018 une unité de transformation burkinabè. L’usine semi-industrielle également située à Koudougou a été installée par le créateur François Yameogo, dit « François Ier ». Elle était une suite logique dans le parcours de ce dernier qui est rentré au Burkina en 2008, après une quarantaine d’années d’activité en France, pour confectionner ses collections avec du coton local.

Devant les difficultés à obtenir un prêt bancaire, François Yameogo a financé son projet à hauteur de 100 millions de francs CFA sur fonds propres. L’unité, qui comptait 28 employés fin 2018, teint le fil reçu avant que celui-ci ne soit tissé.

L'intérêt affiché des groupes internationaux

L’entreprise japonaise Marubeni Corporation était en prospection en mars 2019 en vue d’installer une usine de filature au Burkina. Une délégation de l’entreprise a été reçue en audience par le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat. En mai 2018, un mémorandum d’entente avait déjà été signé avec le groupe d’ingénierie japonais pour la construction d’une unité de transformation intégrée du coton, toujours à Koudougou.

Dans le même mois de mai 2018, une délégation du groupe chinois Orient International a été reçue au ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat au sujet du projet de construction d’un parc industriel textile à Bobo-Dioulasso. Orient international figure parmi les plus grandes entreprises chinoises de transformation du coton. Le groupe a indiqué suite à sa visite avoir soumis une étude de préfaisabilité au ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat.

La filière coton-textile augure assurément d'un bel avenir au Burkina Faso. 

BAMBIO Z. François, pour investir au Burkina

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