fbpx
Cultures maraîchères au Burkina Faso

Le maraîchage fait assurément partie des activités agricoles les plus lucratives au Burkina Faso.

En milieu rural tout comme dans les zones urbaines et péri-urbaines, le maraîchage est une activité agricole rentable autant pour les producteurs que pour les jeunes et femmes affairés sur le maillon de la commercialisation des produits maraîchers.

Les cultures maraîchères les plus rentables et les plus produites sont, entre autres, l’oignon, la tomate, la pomme de terre, les choux, l’aubergine, la carotte, le concombre et le haricot vert.

L’un des principaux goulots d’étranglement de la filière maraîchage au Burkina Faso demeure la haute périssabilité des produits.

Ces pertes sont particulièrement importantes pour la pommes de terres dont les quantités produites par an s’estiment à 19 500 tonnes. La pomme de terre est essentiellement produite dans la région du Nord qui occupe 77% des superficies emblavées et qui fournit 80% de la production nationale de pommes de terre.

Le niveau de production et les difficultés liées à la conservation entraînent des pertes importantes de sorte que le Burkina Faso n’arrive pas à satisfaire sa consommation nationale en pommes de terre. Le pays recourt donc aux importations pour couvrir ses besoins.

Avec une consommation estimée à 25 000 tonnes en 2018, le Burkina Faso a importé environ 9 049 tonnes de pomme de terre en 2018 contre 10 162 tonnes et 15 222 tonnes respectivement en 2019 et 2020.

Les principaux pays de provenance de ces importations sur les trois dernières années sont les Pays Bas (47%), le Maroc (27%), la Belgique (8%) et la Tunisie (6%). Ces quatre pays fournissent environ 88% des importations de terre du pays.

Les producteurs de pommes de terre bénéficient de l’accompagnement de l’Etat et de ses partenaires pour le renforcement de leurs capacités de production, de conservation, de transformation et de commercialisation.

Stockage et conservation de la production maraîchère

Dans le cadre de ces interventions, les autorités burkinabè ont réalisé une centaine d’unités de conservation des produits agricoles au profit des acteurs de la filière maraîchage entre 2016 et 2020.

Une chambre froide, d’une capacité de plus de 1700 tonnes, construite à Loumbila dans le Plateau Central, a été inaugurée le 28 mai 2020. Au regard de l’évolution de la production maraîchère, et particulièrement celle de la pomme de terre, cette infrastructure vient renforcer les capacités de stockage et de conservation des producteurs.

Dans la même dynamique, le Département a entamé le processus de réhabilitation de la chambre froide de l’aéroport, qui a une capacité de 10 000 tonnes.

Ces réalisations permettront d’améliorer de façon globale la commercialisation des produits maraîchers et d’assurer leur disponibilité sur le marché local tout au long de l’année.

Pour renforcer ces différentes initiatives en cours, le Ministère en charge de l’agriculture, en collaboration avec ses partenaires techniques et financiers, entend appuyer la mise en place d’au moins 16 chambres froides dans les grandes zones de production maraîchère au Burkina Faso, notamment dans la Boucle du Mouhoun, les Hauts-Bassins et le Nord.

En plus de ces infrastructures, d’autres projets sont à venir pour la construction de conserveries d’oignons.

La construction de chambres froides et de magasins de stockage de produits agricoles et maraîchères présente d’importantes opportunités d’investissements au Burkina Faso.

Transformation des produits maraîchers

Le Département, en partenariat avec les partenaires techniques et financiers, a réalisé 20 unités de transformation entre 2016 et 2020.

Au titre de ces appuis, on peut retenir :

  • La mise en place (dont certaines sont en cours), d’unités de transformation dans les grands bassins de production (pomme de terre à Titao, tomate à Di, Bobo-Dioulasso et Kongoussi, fruits et légumes à Orodara et Tenado);
  • L’acquisition d’équipements de transformation au profit des organisations, Groupements et Coopératives œuvrant dans la transformation de la tomate ;
  • Un appui-conseil aux acteurs de la transformation pour l’amélioration de leurs techniques et de la qualité de leurs produits.

Tout comme leur conservation, la transformation des produits agricoles et maraîchers s’affiche comme un puissant levier de création de valeur ajoutée qui présente des opportunités d’investissements indéniables au Burkina Faso.

Commercialisation des produits maraîchers

Le Ministère en charge de l’agriculture appuie le maillon de la commercialisation des produits maraîchers à travers la réalisation de comptoirs d’achats, le soutien à l’organisation de foires et journées promotionnelles des produits agricoles, le renforcement des capacités des, le   développement de l’agriculture contractuelle, etc.

Les restrictions à la mobilité occasionnée par la pandémie de la Covid-19 a été un handicap à la commercialisation des produits maraichers et causé le pourrissement de certaines spéculations. Pour atténuer les dommages subis par les acteurs de la chaine de valeur des cultures maraîchères, le Ministère en charge de l’agriculture ont des soutiens en semences de pommes de terres et en engrais en 2020.

La filière maraîchère augure de bonnes perspectives

Les opérateurs privés sont attendus notamment dans le développement d’initiatives d’investissements dans la chaine de valeur des filières pommes de terre, tomate, haricot vert et oignon qui figurent parmi les cultures maraîchères les plus rentables au Burkina Faso.

En attendant l’entrée d’investisseurs privés, la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina pour a pris l’initiative de construire une chambre froide de conservation de pomme de terre d’une capacité de 5 000 tonnes à Ouahigouya au profit des producteurs maraîchers.

Il faut aussi saluer le dynamisme l’ex-Union des Coopératives Agricoles Maraîchères du Burkina (UCOBAM) devenue la Société Nouvelle de Stockage des Produits Maraichers (SNSPM) qui s’investit   pour le développement des productions maraîchères.

Dans le cadre du Projet de Développement de la Filière Maraîchère (PDFM) mis en œuvre sous le leadership du Conseil régional du centre (CRC), en collaboration avec la région de Bretagne en France, la SNSPM a bénéficié de la rénovation de ses locaux et d’équipements d’un coût d’environ 200 millions de francs CFA.

L’implication des collectivités territoriales dans le développement des cultures maraîchères est à encourager.

Il y a également lieu d’affiner et de mettre à l’échelle les solutions de conservation mises au point par les inventeurs et les acteurs de la recherche.

Il faut noter, qu’à travers le Fonds de développement agricole (FDA) dont la convention a été signée le 09 février dernier, les producteurs individuels ou organisés en coopérative, ont la possibilité de développer des initiatives dans les domaines de la conservation, de la transformation et de la commercialisation des produits maraichers, à des conditions souples.

BAMBIO Z. François, investirauburkina.net

Source : Ministère de l'agriculture, des aménagements hydroagricoles et de la mécanisation