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Filière oignon au Burkina Faso

L’oignon fait partie des légumes crus les plus commercialisés dans le monde. Avec une production annuelle moyenne de 1,1 million de tonnes, l’Afrique de l’Ouest représente moins de 2% de la production mondiale d’oignons.

Selon la FAO (2007), le Burkina Faso se situe au 4è rang des pays producteurs d’oignons en Afrique de l’Ouest, après le Nigeria, le Niger, et le Sénégal et 2ème exportateur d’oignons en Afrique après le Niger.

Culture de l’oignon au Burkina Faso

La production d’oignons est en plein essor au Burkina Faso depuis quelques années du fait de la forte rentabilité de ce condiment très utilisé dans la gastronomie burkinabè et africaine. L’oignon représente plus de 30% de la production maraîchère totale du pays.

Au Burkina Faso, la production de l’oignon a progressé de 50% en l’espace de dix ans, passant de 242 258 tonnes en 2008 à 362 480 tonnes en 2018.

Sur la même période, les superficies consacrées à la culture de l’oignon sont passées de 11 449 hectares en 2008 à 19 756 hectares en 2018, soit une augmentation de plus de 72%.

On enregistre ces derniers années l’entrée d’une pléthore de producteurs dans la production de l’oignon au Burkina Faso, ce qui justifie l’augmentation des quantités d’oignons produits ainsi que des superficies de culture de l’oignon.

Le Sourou est la première province productrice d’oignons au Burkina Faso. En 2018, le Sourou à elle-seule a produit 64 988 tonnes d’oignons soit 18% de la production nationale d’oignons. La culture de l’oignon dans la province du Sourou mobilise une superficie de 3 975 hectares soit 20% de la superficie totale consacrée à la culture d’oignons au Burkina Faso.

La Rédaction de Investirauburkina.net, en se fondant sur la croissance annuelle moyenne de la production d’oignons sur la période 2008-2018, estime la production d’oignons au Burkina Faso à environ 420 000 tonnes d’ici à la fin 2021.

Prix de l’oignon au Burkina Faso

Parmi les cultures maraîchères, l’oignon est celle qui est la plus vendue au niveau national et sous régional, tout au long de l’année.

Au Burkina Faso, en général au cours des mois de mars et d’avril, les marchés sont inondés d’oignons si bien qu’ils sont vendus à vil prix. A cette période de l’année, le sac de 50 kg est vendu à 5 000 F.CFA et celui de 120 kg 15 000 F.CFA.  Mais ces prix triplent au bout de 3 à 4 mois de conservation. Le prix du sac d’oignon qui tourne souvent autour de 15 000 F.CFA au mois de mars, atteint 80 000 F.CFA sur la période allant d’octobre et décembre.

La production hivernale d’oignons est encore plus lucrative et permet aux producteurs de réaliser des bénéfices encore plus substantiels. Le prix du sac d’oignon en période hivernale est 3 à 6 fois plus cher. De surcroît, pendant la saison pluvieuse les producteurs réalisent un gain supplémentaire en vendant les feuilles d’oignon très prisées à cette période de l’année.

En effet, la production d’oignons feuilles a plus que doublé en l’espace de dix ans, passant de 21 307 tonnes en 2008 à 45 800 tonnes en 2018, toute chose qui traduit l’ampleur de la demande. Les tas de feuilles d’oignons sont vendues sur les marchés locaux à des prix variant entre 25 F.CFA et 250 F.CFA en fonction l’importance du tas.

Le marché sous-régional de l’oignon

Le Niger et le Burkina Faso sont les seuls pays d’Afrique de l’Ouest qui produisent des oignons en quantités suffisantes pour satisfaire leur demande intérieure et exporter du surplus vers les pays de la sous-région.

Le Burkina Faso exporte des quantités importantes d’oignons principalement vers le Ghana, la Côte d’ivoire, le Togo et le Bénin.

Pour l’heure, il n’existe pas, à proprement parler, une stratégie nationale d’exportation de l’oignon en particulier. Les producteurs et les commerçants grossistes développent leurs propres initiatives pour écouler leurs oignons sur le marché sous-régional où le principal concurrent du Burkina Faso est le Niger. Ce gros producteur d’oignons dispose s’est bâtit un important réseau de distribution et dicte, par l’importante de son offre, le prix moyen de l’oignon dans la sous-région.

Bâtiments de stockage d’oignons, une incroyable opportunité d’investissement

L’un des principaux obstacles à la commercialisation de l’oignon au Burkina Faso est l’insuffisance d’infrastructures de stockage.

Investir dans la construction de bâtiments de stockage d’oignons s’avère un business très rentable. La conservation de l’oignon sur une durée d’au moins 6 mois permet de le revendre à meilleur prix et d’en tirer un bénéfice encore plus substantiel, d’où la forte spéculation autour l’oignon.

Habituellement les producteurs conservent les oignons en « vrac » à l’abri, sous des feuillages ou dans des greniers, techniques archaïques qui ne permettent pas de conserver l’oignon dans de bonnes conditions et sur une période suffisamment longue, d’où un taux important des pertes pouvant aller jusqu’à 30% des oignons stockés.

Investir dans la construction de bâtiments de stockage d’oignons est un investissement qui peut rapporter très gros au Burkina Faso.

Plusieurs projets au Burkina Faso interviennent dans la vulgarisation des techniques de stockage des oignons.

Pour éviter le pourrissement des oignons, des structures comme le Programme d’appui aux filières agro-Sylvo-pastorales (PAFASP) et l’ONG Solidar Suisse au Burkina Faso, ont apporté des soutiens techniques et financiers à plusieurs associations féminines pour la construction d’infrastructures de conservation des oignons au Burkina Faso.

Les acteurs de la filière oignon au Burkina Faso

Au Burkina Faso, plusieurs catégories d’acteurs sont impliquées dans la chaîne de valeur de l’oignon. On dénombre plusieurs groupements, associations et unions à tous les niveaux de la chaîne.

La faîtière dénommée AEFOB (Association des Exportateurs de la filière Oignon du Burkina) mise en place par les acteurs, intervient pour faciliter l’exportation de l’oignon.

Une autre structure interprofessionnelle regroupant les acteurs des maillons production et de commercialisation dénommée « Comité Interprofessionnel de la Filière Oignon du Burkina » (CIFOB) défend les intérêts de toute la filière.

A côte de cette structure nous avons l’Union nationale des producteurs d’oignons du Burkina (UNAPOB) et l’Association professionnelle des commerçants d’oignons du Burkina (A.P.C.O.B).

Avec cette pléthore de structures qui visent chacune un objectif donné, les actions sur le terrain sont parfois dispersées ou menées de façon non concertée, ce qui réduit leur impact quant à une organisation efficiente de la filière pour la conquête du marché sous-régional.

Ces insuffisances dans d’organisation de la filière oignon s’étendent à tous les pays d’Afrique de l’Ouest producteurs d’oignons.

La part du marché Ouest africain de l’oignon, accaparée par les exportateurs d’oignons néerlandais a dépassé 27% en 2012 et continue de progresser, du fait du manque de politiques adéquates de commercialisation de l’oignon cultivé en Afrique.

Tout compte fait, la production et le commerce d’oignons reste une acticité hautement rentable au Burkina Faso et pour Investirauburkina.net, investir dans la construction de bâtiments de stockage d’oignons reste l’une des niches de marché rentable de la filière oignon au Burkina Faso et une opportunité d’investissement qui attend toujours les investisseurs.

BAMBIO Z. François, investirauburkina.net