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Assurance agricole au Burkina Faso : une phase pilote aux résultats mitigés

L’agriculture est une composante importante de l’économie du Burkina Faso. Elle mobilise 80% de la population active et contribue pour 35% au PIB national.

La pénétration de l'assurance agricole au Burkina Faso reste encore faible bien que l’agriculture soit sujette à de nombreux aléas.

L'assurance agricole est toujours à ses débuts au Burkina Faso et son adoption repose sur la compréhension par les agriculteurs du fonctionnement et des avantages des produits d’assurance agricole proposés aux agriculteurs.

Paysage règlementaire de l’assurance au Burkina Faso

L'industrie des assurances au Burkina Faso est régie en premier lieu par le Code des Assurances, connu sous le nom de Code CIMA, la loi régionale sur les assurances imposées par la CIMA dans le cadre du Traité instituant une Organisation Intégrée de l'Industrie des Assurances dans les Etats Africains, connu comme le traité CIMA.

Le marché des assurances est réglementé par la Direction des Assurances, au sein de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique. La Direction supervise la protection des consommateurs ainsi que la surveillance du marché et est également responsable de la surveillance des accords de réassurance des compagnies d'assurances, qui relèvent également du code CIMA. Les assureurs sont tenus d'effectuer des cessions obligatoires de réassurance auprès de CICA Re et d'Africa Re, qui sont des sociétés de réassurance régionales.

L’ambition des autorités burkinabè est de créer une compagnie d'assurance agricole, comme la Compagnie nationale d'assurance agricole du Sénégal (CNAAS) du Sénégal, toute chose qui permettrait au Gouvernement de piloter toutes les initiatives d'assurance agricole par l'intermédiaire d'un point focal unique et de mobiliser le secteur privé pour accroître l'adoption de l'assurance parmi les petits exploitants agricoles.

L’assurance agricole au Burkina Faso : un projet pilote du Ministère de l'Agriculture, Sonar IARD et MAMDA Re

Pour faire face aux effets néfastes des aléas climatiques sur la production agricole, le Gouvernement burkinabè s’est engagé dans une vision globale de gestion des risques agricoles et alimentaires en créant, en 2019, le Projet de gestion des risques agricoles et alimentaires (PRAA). Dans la mise en œuvre dudit projet, il est prévu une phase pilote du volet « assurance agricole » sur la production du maïs.

Depuis 2020, le ministère en charge de l'Agriculture du Burkina Faso travaille avec SONAR IARD et MAMDA Re une société de réassurance marocaine, pour fournir aux agriculteurs burkinabè une assurance agricole adaptée à leurs besoins.

Ledit produit d’assurance agricole est assorti d’une subvention du Gouvernement à hauteur de 50% sur le coût des primes.

Il s’agit d’une phase pilote de l’assurance agricole s’étend sur une période de trois (03) ans. De 2020 à 2022, cette assurance agricole couvrira la production de trois importantes cultures que sont le maïs, le riz et le Sorgho dans les régions de la Boucle du Mouhoun, du Centre-Ouest et de l’Est.

Pour la campagne agricole 2020-2021, le maïs est la production concernée par l'assurance agricole. Les potentiels souscripteurs sont les personnes physiques ou morales (coopératives, associations). Le coût de la souscription subventionnée est de 6 193 F.CFA par hectare avec une garantie maximale de 130 000 F.CFA par hectare. Pour la subvention des coûts de souscription (prime d’assurance), l’Etat burkinabè a injecté une enveloppe globale de 200 millions de F.CFA pour la campagne 2020-2021.

Le système de dédommagement prévoit à la fin de la campagne, par zone, le calcul du rendement à l’hectare à comparer au rendement minimal de 525 kg/ha. Si le résultat trouvé est supérieur à 525 kg/ha, il n’y a pas de dédommagement. Par contre, si le résultat est inférieur à 525 kg/ha, on vérifiera

  • s’il y a eu des insuffisances (déficits) de pluies ou des poches de sécheresse.
  • s’il n’y a pas eu d’insuffisance de pluies ou de sécheresse, il n’y a pas de dédommagement ;
  • s’il y a eu insuffisance de pluies ou de sécheresse, alors tous les producteurs de la zone concernée seront dédommagés au même montant par hectare en fonction de l’écart observé entre le rendement calculé et celui de 525 kg/ha sans que cet écart n’excède 320 kg/ha.
  • Si ledit écart venait à être égal ou supérieur à 320 kg/ha, alors l’indemnisation sera de 130 000 FCFA/ha.

L’insuffisance de pluies se traduit par des précipitations totales en dessous de la référence annuelle dans les zones ciblées. Quant à la période de sécheresse, elle correspond à une absence de pluie pendant 9 jours pendant la période végétative et de 10 jours au stade de la floraison.

Tous les dommages et toutes les baisses de rendement non liés à des insuffisances de pluies ou à une sécheresse ne sont pas couverts par l’assurance.

L’assurance agricole initialement conçue pour cibler 5 000 agriculteurs à assurer chaque année.

En 2020, 369 agriculteurs se sont inscrits pour le produit ; en 2021, 803 agriculteurs étaient assurés.

On constate donc une faible adhésion des agriculteurs malgré la subvention de 50 %.

La SONAR a mené plusieurs exercices de renforcement des capacités, mais ceux-ci n'ont pas suffi à susciter plus d’adhésion audit produit.

Les agriculteurs peinent à faire confiance aux assureurs. A cela il convient d’ajouter la cherté du produit qui est serait inabordable par les agriculteurs sans la subvention de l’Etat.

La SONAR ambitionne d’associer le produit avec un crédit, toute chose qui pourrait susciter l'accès des agriculteurs au crédit, l'assurance servant de garantie pour le prêt.

MAMDA Re sur qui la SONAR s’appuie pour la tarification technique et le placement de réassurance, pourrait bien se retirer du projet vue la faible adhésion des agriculteurs burkinabè au produit.

La SONAR pourrait donc ne pas être en mesure d'offrir un produit d'assurance agricole viable sans des partenariats techniques appropriés et sans une plus grande implication de l’Etat.

Pour l’heure, la pénétration de l'assurance agricole au Burkina Faso reste faible. Certains systèmes n'ont pas pu se développer au-delà d'un petit nombre d'agriculteurs en raison de difficultés de distribution, de la mauvaise conception desdits produits d’assurance agricole, d'un manque de compréhension par les agriculteurs.

Au Burkina Faso, outre l’assurance agricole du Gouvernement, plusieurs autres programmes d’assurance agricole impliquant plusieurs acteurs, ont vu le jour ces dix dernières années. Chacune de ces compagnies d’assurance s’appuie sur des partenaires de distribution comme le ministère de l’Agriculture, le Programme Alimentaire Mondial (PAM), la Société Burkinabè des Fibres Textiles (SOFITEX) etc.

Passionné du Web, à la fois Economiste et Conseiller en Gestion des Ressources humaines, monsieur BAMBIO est le fondateur de investirauburkina.net qu’il administre et anime, en collaboration avec des contributeurs, depuis février 2007.
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