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Industrie des huiles alimentaires : faible disponibilité de la matière première

Au Burkina Faso, le secteur de la transformation de la graine de coton a connu une forte croissance au cours de la dernière décennie, ce qui s’est traduit par une prolifération d’huileries tant formelles qu’informelles.

Au Burkina Faso, le secteur de l'huilerie emploie environ 20 000 personnes et contribue pour plus de 15 milliards de francs CFA à l’économie nationale.

La production nationale d'huiles alimentaires s’établie à seulement 25 000 tonnes par an, pour une consommation annuelle de 100 000 tonnes, soit un gap de 75 000 tonnes à combler.

En février 2021, on dénombre 54 marques d’huiles alimentaires importés par les entreprises locales et autorisées par l’Agence Burkinabè de Normalisation, de la Métrologie et de la qualité (ABNORM) à être écoulées sur le marché national.

A la même période, seulement 34 marques d’huiles burkinabè bénéficient d’une autorisation de mise à la consommation.

Si la capacité de production est existante, la matière première reste faiblement disponible.

L’un des goulots d’étranglement de la filière huilière burkinabè reste la faible disponibilité de la graine de coton au regard des besoins des unités des huileries que compte le pays.

Les quantités de graine de coton disponibles auprès des sociétés cotonnières ne permettent qu’un fonctionnement de 3 à 4 mois de fonctionnement.

En mai 2021, le Burkina Faso comptait 138 huileries dont seulement 73 sont agrées. 80% de ces huileries sont implantées à Bobo-Dioulasso la deuxième ville du pays.

Le besoin exprimé par ces 138 huileries s’établie à 870 700 tonnes de graines de coton alors que les trois sociétés cotonnières du pays ne produisent que 190 000 tonnes de graines de coton, ce qui représente seulement 21,82% de la demande des huileries. Le gap à combler s’établie annuellement à plus de 600.000 tonnes de graines de coton.

Pour que la graine de coton soit suffisante pour faire tourner l’ensemble des huileries du pays sur 9 à 10 mois au cours de l’année, le Burkina Faso devrait atteindre une production de coton de 3 000 000 tonnes. Or le pays n'a produit que 470 000 tonnes de coton au cours de la campagne 2020/2021, quantité dont la tendance est d’ailleurs baissière au vue des zones de production cotonnières progressivement délaissées par les populations du fait de l’insécurité grandissante.

Les huileries, pour couvrir leur besoin en graines de coton, sont amenées à s’approvisionner sur le marché sous-régional où le prix de revient de la graine de coton vaut deux fois le prix au niveau national à cause de la cherté du transport et des autres frais.

La faible disponibilité de la graine de coton entraine de fâcheuses conséquences sur la production des huileries. Au cours de l’année et pendant que la demande est forte, certaines huileries sont obligées d’arrêter leurs machines pendant plusieurs mois, faute de matières premières.

Une autre situation à déplorer est la spéculation autour de la graine de coton, toute chose qui rend la graine indisponible. En effet, certaines unités disposant d’autorisations d’implantation et de mise sur le marché de leur produit, ne font plus tourner leurs unités industrielles mais continuent d’avoir accès à la graine de coton qu’elles revendent sur le marché.

Il convient donc d’assainir la filière de sorte à donner prioritairement la graine de coton aux seules unités industrielles qui tournent de façon régulière.

Depuis peu, les professionnels de la filière huilière expérimentent d’autres matières oléagineuses, de sorte à diversifier les sources d’approvisionnement, toute chose qui permettrait à l’industrie huilière de fonctionner toute l’année.

L’arachide, le soja, le sésame et le tournesol sont vus par les acteurs de la filière comme de parfaits substituts à la graine de coton. La production massive de ces oléagineux pour l’industrie huilière pourrait permettre de résoudre les problèmes d'approvisionnement en matières premières et permettre au secteur de l’huilerie de prendre un véritable envol.

Passionné du Web, à la fois Economiste et Conseiller en Gestion des Ressources humaines, monsieur BAMBIO est le fondateur de investirauburkina.net qu’il administre et anime, en collaboration avec des contributeurs, depuis février 2007.
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