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L’époque des chaussures BATA et SINAC que les burkinabè ont connu dans les années 1980 est maintenant loin derrière nous. Le Burkina Faso ne dispose plus d’usine de fabrication de chaussures.

Le commerce de chaussures au Burkina Faso est aujourd'hui une opportunité pour les importateurs de chaussures du fait que le pays n’en fabrique pas en quantité industrielle.

Malgré la ressource (peaux et cuirs) en quantité non négligeable, la relance de l'industrie de la chaussure au Burkina Faso se fait toujours attendre. 

Le marché burkinabè se trouve inondé de chaussures bon marché, de moindre qualité, principalement importées d'Asie. 

Histoire de l’industrie de la chaussure au Burkina Faso

Dans les années 1980, le pays disposait de deux usines de production de chaussures dont les produits étaient écoulés sur le marché national.

L'usine BATA, créée en 1969, fabriquait majoritairement des chaussures faites en matériaux non-cuirs et une quantité limitée de chaussures en cuir. La société importait la grande partie de sa matière première de sa tannerie alors basée à Dakar au Sénégal. Une infime partie de sa matière première (5 m2 de cuirs) était acquise auprès de la Société Burkinabè de Manufacture de Cuirs (SBMC).

La deuxième usine de chaussures, la Société de l'Industrie Nationale de la Chaussure (SINAC), créée en 1982, était à 100% la propriété de l’Etat burkinabè. Jusqu'en 1985, une importante quantité du cuir fini requis pour sa production était importé de France. SINAC était bien équipée et disposait même d’une ligne de fabrication de chaussures de sport faites à base de matériaux non-cuirs. La société s'approvisionnait également auprès de la Société Burkinabè de Manufacture de Cuirs (SBMC) d'un stock mensuel limité à seulement 20 m2 de cuirs.

L’usine avait une capacité de production de 800 paires de chaussures par jour et employait une soixantaine d’agents.

Ces deux usines de chaussures ont fermé il y a belle lurette. Aujourd’hui le pays ne dispose plus d’usine de fabrication de chaussures et satisfait la quasi-totalité de sa demande à partir des importations de chaussures.

L’un des goulots d’étranglement de ces industries furent, entre autres, l’impossibilité de s’approvisionner en cuir fini, manufacturé localement. La Société Burkinabè de Manufacture de Cuirs (SBMC) n’était pas suffisamment équipée pour produire du cuir fini répondant parfaitement aux exigences techniques requis pour la fabrication de chaussures. La disponibilité potentielle de cuirs bovins et, en particulier, des peaux de petits ruminants, de moutons et de chèvres, était considérable à l'époque mais la plupart de ces matières premières étaient exportées à l’état brut, contraignant ainsi ces sociétés à importer du cuir manufacturé de la France ou d’Italie.

L’impossibilité de se ravitailler sur place en matières premières adéquats avait pour conséquence d'enchérir les prix des chaussures vendus sur le marché local. Les chaussures usagées, communément appelées friperie, importées d’Amérique et d’Europe qui inondaient déjà le marché national, ont considérablement nui à l’essor de ces deux sociétés.

Le marché de la chaussure au Burkina Faso

Le marché de la chaussure au Burkina Faso comprend les artisans cordonniers et certains centres socio-professionnels. Les chaussures confectionnés par ces acteurs sont fabriquées à la main ou confectionnées à partir d’installations semi-mécanisées.

Selon les estimations faites par investirauburkina.net, 99% de la demande de chaussures au Burkina Faso est satisfaite par les importations bon marché en provenance des pays d’Asie.

En termes de valeur, les importations de chaussures sont passées de 3,72 milliards de F.CFA en 2008 à 5,03 milliards de F.CFA en 2017, soit une progression de 35,21%.

Pour ce qui est du volume, les importations de chaussures ont plus que triplé sur la période 2008-2017, passant de 8061,8 à 25360,3 tonnes.

La forte augmentation du volume des importations par rapport à leur valeur explique la faible qualité des chaussures importées, faites en matière plastique et en synthétique pour la plupart.

Au Burkina Faso, les chaussures de qualité sont commercialisées par les grandes surfaces spécialisées, les boutiques sous enseigne et les détaillants spécialisés.

Ces espaces de vente de chaussures de luxe se situent aux abords du grand-marché de Ouagadougou dans le centre-ville et dans le quartier Ouaga 2000. Ces maisons vendent des chaussures de marques connues, faites le plus souvent de matériaux en cuir dont le prix est hors de portée du citoyen au revenu moyen.

A côté de ces grandes enseignes, comme mentionné plus haut, nous avons la production des artisans cordonniers et des centres socio-professionnels et, les chaussures usagées (friperie) importées d’Amérique et d’Europe.

Tanneries au Burkina Faso

Le Burkina Faso étant un pays à vocation pastorale, les cuirs et peaux sont une ressource non négligeable. On dénombre de petites tanneries mais également de grandes sociétés de transformations de peaux en cuirs.

La société Tan-Alize

Au Burkina Faso, jusqu’en 2014, la société Tan Alize détenait le monopole des cuirs et peaux au Burkina Faso et produisait du cuir semi-fini (cuir en bleu, cuir en croûte) exporté vers les marchés internationaux, notamment l’Italie, l’Espagne, l’Inde et le Nigeria.

Le chiffre d’affaires annuel moyen de la société était de 5 milliards de francs CFA. La société, après le rachat de la tannerie de Niamey au Niger, prévoyait un ambitieux programme d’investissements. 

Malheureusement, la société va être saccagée suite aux événements socio-politiques survenus en novembre 2014 au  Burkina Faso, la contraignant à licencier son personnel et à cesser toute activité.

Mona Industry

D’un investissement de 3,3 milliards de F.CFA la société Mona Industry, usine de transformation de peaux d’animaux en cuirs, a lancé officiellement ses activités en juin 2019. L’entreprise emploie 40 agents à temps plein et entend réaliser un chiffre d’affaires prévisionnel de 15,6 milliards de F.CFA sur les 5 premières années d’exploitation.

L’implantation de cette usine est l’œuvre de Madame Rose SANOU du Burkina Faso et de Rajesh PUNJABI de l’Inde.

Mona Industry a une capacité de traitement de 5 000 peaux par jour, extensible à 20 000. Ces produits sont destinés à l’exportation mais aussi à l'approvisionnement des artisans burkinabè.

Outre ces grandes entreprises, le pays compte une multitude de tanneries de petites tailles dont l’activité de transformation de peaux est non négligeable.

Il demeure cependant nécessaire de relancer l’industrie du cuir au Burkina Faso et de créer les conditions adéquates pour relancer l'industrie de la chaussure au Burkina Faso.

Les exportations massives de bétails sur pieds nuisent considérablement à l'essor de la filière cuirs et peaux au Burkina Faso. Les quantités exportées de peaux et cuirs ont, de ce fait, connu une forte dégringolade sur la dernière décennie.

La valeur des exportations de peaux (autres que les pelleteries) et cuirs a chuté de 4,5 milliards de F.CFA en 2008  à 1,33 milliards de F.CFA en 2017, soit une régression de plus de 70%.

Il est impératif que les autorités burkinabè en charge du commerce prennent la mesure de la situation si l'on veut développer une véritable industrie de transformation de peaux et cuirs au Burkina Faso.

Pour investirauburkina.net, l'implantation d'une usine de chaussures au Burkina Faso,  à base du cuir local manufacturé, serait une opportunité pour les éventuels investisseurs.

BAMBIO Z. François, pour Investir au Burkina

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