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souchet

Cultivé en Afrique, principalement au Burkina Faso, au Nigeria, au Niger, et au Mali, le souchet (Cyperus esculentus) couramment appelé « pois sucré » ou «tchôgon » en langue dioula, est une plante aux fruits cylindriques ou ronds de couleur brune ou jaune.

Le Burkina Faso et le Mali représentent plus de 80% du marché d’exportation du souchet en Afrique de l'Ouest (GEOMAR international, 2002).

Au Burkina Faso, le souchet est produit dans les régions des Hauts-Bassins, dans la Boucle du Mouhoun, dans le Sud-ouest et dans les Cascades. La production nationale de souchet est estimée à près de 16 000 tonnes par an (TAMBOURA, 2014). Les rendements moyens à l’hectare se situent entre 2,5 et 4 tonnes, avec un revenu brut moyen à l’hectare de 1 500 000 F.CFA.

A partir de 2010, au Burkina Faso, la contribution du souchet à l’économie nationale a atteint la barre de 14 milliards de F.CFA par an.

Un marché local étroit

Les acteurs intervenant dans la commercialisation du souchet sont les productrices, les collecteurs, les détaillants, et les transformatrices.

La vente du souchet s’effectue au niveau des marchés locaux et l’instrument de mesure demeure la boite de tomate communément appelé yoruba. Le prix varie en fonction du lieu, de la période et de la taille du souchet.

A Ouagadougou la boîte de tomate d'un kg et demi de souchets se négocie à 2000 F.CFA. Le souchet est acheté sur le marché de gros par les revendeurs, hydraté puis revendu aux abords des voies, dans les bars et maquis dans des sachets de 100 F.CFA, 200 F.CFA, 300 F.CFA et 500 F.CFA.

L’étroitesse du marché nationale et le manque d’ouverture vers les marchés sous régionaux demeurent cependant des obstacles pour le positionnement du souchet comme une véritable culture de rente au Burkina Faso.

Utilisations du souchet

Huile de souchet

C'est une huile de haute qualité extraite grâce à un procédé à froid, afin de s'assurer qu'elle conserve toutes les qualités nutritives uniques du souchet lui-même. C'est une huile de couleur marron doré qui possède des propriétés nutritives uniques pour une alimentation saine. L'huile est utilisée en cuisine pour les fritures et les assaisonnements mais également dans la fabrication de cosmétiques.

Lait de souchet

Le Lait de souchets ou "Horchata", est un lait végétal fabriqué à partir du jus des tubercules du souchet. C'est un produit rafraîchissant et très nutritif qui est une alternative au lait de vache et au lait de soja. Le «Horchata» est l’une des utilisations les plus connues au Burkina Faso.

Farine de souchet

C'est une farine obtenue à partir des tubercules du souchet. Cette farine est utilisée dans la pâtisserie pour la fabrication de desserts et gâteaux mais également pour d’autres menus.

Utilisations médicinales du souchet

Les tubercules du souchet sont dits avoir, entre autres, des propriétés aphrodisiaques, toniques. Le Souchet est également utilisé dans le traitement de la flatulence, l'indigestion, la diarrhée, la dysenterie etc.

Autres utilisations du souchet

Outre ces utilisations ci-dessus citées, le souchet est consommé cru comme amuse-gueule. Il est également transformé en bière, chocolat, tourteaux, appâts pour la pêche, etc. Les utilisations du souchet sont diverses et différentes selon les pays producteurs à savoir le Ghana, le Nigeria, le Niger, le Mali et la Côte d’Ivoire pour ce qui est de l’Afrique de l’Ouest.

L’absence d’une politique de promotion du souchet

Un projet triennal (2013-2015), d’un coût de 238 milliards de FCFA, lancé en janvier 2014 à Bobo-Dioulasso visait l’amélioration du système de production et la promotion du souchet.  Plusieurs structures de recherche (l’IRSAT, l’INERA, l’IRSS, l’UO, l’UPB), des PME et des producteurs de souchet étaient partie prenante dudit projet dont aucun bilan semble n’avoir été publié à ce jour.

La promotion de la culture du souchet n'a pas eu jusqu'à une date récente, la même attention que celle des autres spéculations dans les politiques publiques.

Les autres contraintes liées à la production du souchet

Les principales contraintes qui entravent la production du souchet sont l’absence de semences améliorées, la pénibilité des travaux de récolte du souchet qui s’explique par la non mécanisation de la récolte, la non maîtrise des technologies de transformation.

Pour un meilleur rendement de cette culture de rente, il est impératif de maitriser les grandes étapes de sa technique de production : du choix du type de sol et à la récolte.

Bien encadrée, la production de souchets peut générer d’importants revenus au profit des producteurs. Une meilleure implication de l’Etat dans la filière serait salutaire.

Bien qu’il n’existe pas de semence améliorées, les variétés locales de souchets cultivées dans les zones de production sont adaptées aux exigences climatiques du pays, ce qui est un véritable atout.

Aujourd’hui, la culture du souchet attire de plus en plus de nombreux producteurs du fait de sa rentabilité économique.

BAMBIO Z. François, pour Investir au Burkina

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