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Le secteur de l’hôtellerie au Burkina Faso est en nette progression.

Les recettes hôtelières qui s’établissent actuellement à plus de 55 milliards de francs CFA, soit plus de 84 millions d’euros pourraient doubler d’ici à l’an 2020 vue le regain du flux touristique (500 000 touristes en moyenne par an).L’une des forces du secteur est l’agenda culturel du pays enrichi de manifestations touchant les secteurs économiques potentiels du pays. Ce cocktail d'événements comprend des manifestations majeures telles que le Festival Panafricain du Cinéma et de l’Audiovisuel de Ouagadougou (FESPACO), le Salon international de l’artisanat (SIAO), la Semaine Nationale de la Culture (SNC), le Festival International de Théâtre et de Marionnettes (FITMO), le Salon International du Tourisme et de l’Hôtellerie de Ouagadougou (SITHO), le Festival International de Jazz à Ouaga etc.

A titre d’exemple, sur un total de 427026 arrivées en 2010, 35684 visiteurs ont été enregistrés en octobre, période de tenue du SIAO et du SITHO. Cet avantage comparatif a fait du Burkina Faso le premier pays ouest-africain de tourisme de conférence. Le pays abrite tous les ans une centaine de rencontres et séminaires sous régionaux.                                                                                                                              

Au titre des infrastructures hôtelières, au 31 décembre 2011, on dénombrait 322 établissements d’hébergement (hôtels, auberges, campements touristiques, résidences touristiques et de pensions, motels de tourisme, relais touristiques et campings), contre 293 en 2007, soit une augmentation de 9.6%. Au total on enregistre 6576 chambres (13.9% de plus qu’en 2007) et 13058 places-lits (29,1% de plus qu’en 2007). Au cours de l’année 2011, quatorze (14) agréments de réalisation ont été délivrés soit des intentions d’investissements estimées à 3 241 857 429 F CFA pour un total de 256 chambres. Toujours courant la même année 2011, sept (07) autorisations d’exploiter ont été délivrés générant 171 emplois et 20 licences d’agences de voyage ont été accordées (19 catégorie A et 1 catégorie B).

Les années à venir verront donc l’infrastructure hôtelière se "redorer le blason". Le gigantissime projet dénommé « Tenatower & Tenarivers », présenté le 6 février 2013 par le ministre de l’Economie et des Finances en Conseil des ministres est déjà en cours et va bientôt culminer sur le quartier ouaga2000. Ledit projet consiste en la réalisation d’un complexe hôtelier à Ouaga 2000 au capital de 249 300 000 de francs CFA. Au terme dudit projet, seront érigés sur 102 ha une tour mixte de 25 étages comprenant un hôtel 5 étoiles de 160 chambres, des bureaux et 33 appartements de luxe, 185 villas de hauts standing. Ce complexe comprendra également un parc aquatique avec des piscines à vagues et toboggans géants, un mini-golf de 18 trous, des restaurants et clubhouse et des infrastructures sportives.

Malgré l’inexistence de statistiques récentes, on constate ces dernières années un changement notoire dans le paysage hôtelier, en témoigne l’érection de grands standings hôteliers dans la capitale burkinabè. Le secteur étant resté pendant longtemps sans encadrement, on dénombre également une pléthore d’hôtels utilitaires.En termes de répartition, les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso regroupent 40% des établissements et plus de 60% des capacités d’accueil en chambres. Au plan de la politique nationale, la relecture du cadre juridique a permis à ce jour de préciser les conditions de construction et d’exploitation de ces établissements. Aussi, au cours de ces dernières années, l’Etat s’est désengagé du secteur, touche chose ayant permis l’émergence de chaînes hôtelières qui figurent parmi les plus importantes du pays (Groupe Accor pour Mercure Silmandé, Groupe Laïco pour Hôtel Ouaga 2000 et Groupe Azalaï pour l’Hôtel Indépendance). La célébration tournante de la fête national (11 décembre chaque année) a également contribué à booster le secteur de l'hôtellerie, ainsi les grandes villes se sont vues doter d’infrastructures hôtelières d'importantes capacités.

Recettes hôtelières

On estime à 4,2% la contribution du secteur à la formation du Produit intérieur brut (PIB). Cette contribution à l’économie nationale est perçue à travers les recettes hôtelières qui sont un corollaire des nuitées des séjours des touristes. Ces recettes hôtelières concernent l’hébergement, la restauration, le bar, etc. Les recettes hôtelières se chiffrent en 2011 à 55 038 697 877 F CFA (+0,2%) correspondant à une dépense moyenne journalière par touriste de 54 027 F CFA, soit une hausse de 2,7% de la dépense moyenne journalière par rapport à 2010. L’hébergement représente 61,7% des recettes touristiques en 2011, la restauration 25,4%, le bar 8,7% et les divers 4,2%. Malgré la crise sociale, on enregistre une hausse des indicateurs hôteliers sauf ceux de fréquentation des établissements hôteliers qui baissent. Pour le moment la stratégie consiste en la promotion du tourisme interne, toute chose qui va permettre de rentabiliser les infrastructures hôtelières. Vue l’importance du flux touristique, les recettes attendues sont estimées à 110 milliards de FCFA d’ici à l’horizon 2020, soit le double de sa valeur actuelle.

Au titre des emplois

Dans le secteur hôtelier, on dénombre en 2011, 2790 emplois directes et dans les agences de voyages 221 emplois. Si l’on considère le secteur dans son ensemble (tourisme et hôtellerie), ce sont plus de 15000 burkinabè qui y tirent leur pitance quotidienne. La faible capacité financière des acteurs ne permet cependant pas le recrutement d’agents qualifiés, ce qui est préjudiciable à la qualité des prestations et par ricochet au professionnalisme des acteurs.

Les principales contraintes

Comme mentionné plus haut, on note une faible qualification des acteurs du secteur de l’hôtellerie, à tous les niveaux (privé et public), ce qui a un impact négatif sur la qualité des produits et prestations de services. Au Burkina Faso, l’offre éducationnelle en hôtellerie est limitée et se résume à seulement une poignée de centres de formation avec des filières et des niveaux de formation qui devront se faire reconnaître par le Conseil Africain et Malgache pour l'Enseignement Supérieur (CAMES) pour une plus grande crédibilité.

Globalement le secteur est en nette progression et augure d’un lendemain meilleur. On note d'ailleurs ces dernières années un regain d’activités du côté des agences de voyages qui sont de plus en plus visibles.

Une synthèse de BAMBIO Z. François, pour Investir au Burkina

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