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On parle de plus en plus de e-commerce ou de commerce en ligne en Afrique. Les hommes d’affaires et entrepreneurs n’y voient pas d’urgence pour l’heure. Beaucoup ne s’y intéressent pas encore et d’autres restent dubitatifs.

La pandémie du covid-19 survenue à la fin 2019 a boosté le secteur des services digitaux et du commerce en ligne dont la croissance pourrait s’accélérer les cinq prochaines années en Afrique.

Le nombre d’africains qui commercent en ligne a progressé d’un taux de croissance annuel moyen de 18% depuis 2014 selon la Société financière internationale (SFI) dans un récent rapport sur les femmes et l’e-commerce sur le continent.

Selon l’institution, la taille du marché africain du commerce électronique vaut 20 milliards $ en 2020 et pourrait augmenter de 15 milliards $ entre 2025 et 2030, fortement boosté par les activités commerciales de la gente féminine qui représente la moitié des acteurs du e-commerce en Afrique.

Il y aura bientôt, sans aucun doute, de l’agitation sur le marché africain du e-commerce. Les géants du web ont déjà l’Afrique en ligne de mire.

Les africains qui auront fait leurs armes digitales seront alors capables de garder leur autonomie et de faire face à cet ouragan, les autres pourraient être contraints à s’affilier et à travailler pour des groupes étrangers, laissant de côté leur notoriété, leur marque et leur identité.

Les effets du covid-19 sur l’activité commerciale dans le monde

La pandémie du covid-19 a fortement impacté l’activité des commerçants, restaurateurs, hôteliers, organisateurs d’événements etc.

Les mesures restrictives prises pour barrer la route à la propagation du virus ont causé la perte de chiffre d’affaires au niveau de tous les secteurs économiques. Cette perte de revenus a été encore plus sensible pour les entreprises dont le modèle économique consiste à faire venir le public dans un lieu précis pour effectuer des transactions.

Malgré la mise au point de vaccins, la pandémie n’a toujours pas dit son dernier mot. On enregistre encore en ce mois de septembre 2021, une hausse des nouveaux cas à l’échelle mondiale, ce qui pourrait encore conduire à des confinements d’ici à décembre 2021.

Mais cette crise sanitaire n’est pas le premier du genre dans le monde à avoir eu de effets pervers sur les commerces.

Chaque fois qu’une rébellion armée menace un territoire, qu’un groupe terroriste paralyse une région, que des troubles post-électoraux dégénèrent, qu’un attentat dans un centre commercial crée la psychose… les commerçants ont toujours été parmi les premiers touchés.

Leurs magasins sont pillés, les obligeant à fermer boutiques. Les plus durs qui ne ferment pas, ne reçoivent pas de client en ces moments mais paient les factures et charges de la journée. Ces situations qui occasionnent des pertes de profits importants ne sont pas rares en Afrique.

Par contre, en ces périodes de crise, le commerce électronique reste opérationnel si l’internet est fonctionnel et l’activité commerciale peut toujours se poursuivre en dépit de quelques difficultés.

L’avènement du covid-19 a permis par exemple aux géants mondiaux de l’e-commerce de s’enrichir plus qu’en période normale. Certains ont même doublé ou triplé leur chiffre d’affaires pendant les couvre-feux et les confinements.  C’est le cas d’Amazon qui a vu son chiffre d’affaires pour le premier trimestre de 2020 augmenter de 26 % par rapport à la même période en 2019. Des milliers de clients affluaient sur le site d’Amazon pour faire des achats. Selon certaines sources, près de 11 000 dollars étaient dépensés sur ce site Internet d’Amazon par seconde, ce qui avait porté le cours des actions d'Amazon à un niveau record.

Selon les données de Kantar, pendant le confinement de mars à mai 2020, plus de 2,4 millions de nouveaux consommateurs ont été séduits par l’e-commerce et ont réalisé des achats en ligne, soit une augmentation de 15% par rapport à l’année 2019 sur la même période.

D’après l’étude menée par la FEVAD, en France, sur la période du confinement, la part des ventes de biens de consommation en ligne est passée de 6,8% à 10%.

Voyant ce nouveau contexte économique, de nouveaux e-commerçants se sont même développés, augmentant ainsi le nombre de sites B2C de plus de 7,7%.

Flexibilité dans la diversification des offres de produits

Le e-commerce est un moyen flexible et économique de diversifier ses revenus. Quelques clics suffisent pour passer de la vente de smartphones à la vente d’accessoires ; de la vente de pizzas à la vente de snacks ; de la vente de laptops à la vente de produits Apple.

Cette flexibilité dans la diversification de l’offre produits, des modèles de vente, des régions géographiques ciblées etc. permet d’être moins dépendant d’un fournisseur unique, d’une réglementation particulière et d’une clientèle spécifique.

Le e-commerce permet également de tester facilement de nouveaux produits et donc d’identifier avec une parfaite fiabilité les domaines d’opportunité rentables qu’une étude de marché académique n’aurait pas pu identifier ou quantifier.

Augmenter ses revenus avec le e-commerce

Le e-commerce permet de toucher plus de clients. Vous pouvez facilement toucher de nouveaux clients qui ne vous connaissaient pas et qui en parleront à leur tour à des personnes que vous ne connaissez pas. Il s’agit là d’un nouveau canal de vente indépendant, qui va générer un chiffre d’affaires additionnel et non pas du déplacement des revenus de votre boutique vers votre site web.

Le e-commerce n’est pas l’eldorado mais le digital peut assez vite générer 20% du chiffre d’affaires d’un commerce classique. Une part qui va croître au fur et à mesure que le monde se digitalise.

Se former au e-commerce, un impératif pour les entreprises africaines

Le e-commerce va mettre en évidence des opportunités d’amélioration de votre business actuel d’une part ; d’autre part vous devriez vous former, passez à la pratique, découvrir toutes les facettes du e-commerce, comprendre les enjeux auxquels sont confrontés les géants internationaux du e-commerce et vous confirmer en tant que professionnel du commerce électronique.

Dans les prochaines années, ce sont des compétences essentielles qui vous permettront de développer votre activité commerciale en Afrique et dans le monde.

Apprendre le e-commerce est tout un parcours. Il faut mettre 1 an pour réaliser à quel point on ne comprenait rien ; 2 ans pour commencer à tirer son épingle du jeu et 5 ans pour être un e-commerçant professionnel.

L’offensive commerciale des géants du e-commerce en terre africaine, c’est pour bientôt

La vraie raison pour laquelle les entrepreneurs et hommes d’affaires africains devraient se préparer au e-commerce, est qu’un raz-de-marée s’approche silencieusement prévient Emmanuel BOCQUET dans son livre intitulé « e-commerce en Afrique - mode d’emploi ».

Les géants du e-commerce (Amazon, Alibaba, etc.) dont le chiffre d’affaires est supérieur au PIB de nombreux pays africains, ont promis une croissance continue à leurs actionnaires. Or les marchés asiatiques, américains et européens sont saturés. La seule véritable zone de croissance de la planète reste l’Afrique, avec sa classe moyenne qui explose.

Le géant chinois du e-commerce Alibaba a commencé à placer ses pions en Afrique de l’Est tandis qu’Amazon le leader américain du commerce en ligne tâte le terrain en Afrique anglophone.

Qu’on ne s’y trompe pas : ces monstres du e-commerce, comme le dit Emmanuel BOCQUET, n’ont pas pour objectif de faire de la concurrence aux quelques e-commerçants actuellement connus que sont les Jumia et autres.  Leur but est de se substituer au commerce classique en Afrique.

Ce sont les boutiques, les marchés, les centres commerciaux et les supermarchés qu’ils veulent remplacer. Et c’est simple pour eux : un immense entrepôt en bordure de toutes les grandes villes, un inventaire de tous les produits possibles, des prix imbattables grâce aux économies d’échelle et à l’achat direct aux usines en Chine (dont certaines leur appartiennent), des bateaux pleins de containers qui arriveront tous les mois… Que vous vendiez des smartphones, des vêtements, des meubles ou des sacs de riz, Amazon pourra le faire encore mieux que vous et à moindre coût.

Mais quand ces dinosaures du e-commerce vont-ils débarquer en Afrique ? Très probablement d’ici à 2025, en commençant par les pays anglophones comme le Nigéria, l’Afrique du Sud et le Ghana. En 2030, la guerre sera déjà terminée et il ne restera plus que quelques survivants ayant au préalable fait leurs armes dans le digital. Mais tous ces rescapés travailleront en affiliation avec ces internationaux du e-commerce et devront suivre les ordres d’applications intelligentes mises à leur disposition.

Les avantages du e-commerce

Des charges plus faibles

Moins d’infrastructures à mettre en place, moins de capital humain à recruter, moins de coûts fixes.

Une concurrence encore faible sur l’espace digital africain

L’espace digital africain est encore très en retard. Une poignée d’acteurs du commerce sont en train d’envisager le e-commerce, de préparer des choses, mais ne possèdent pas encore de boutique en ligne. Profitez-en donc pour vous positionner et prendre des parts de marché !

Le e-commerce permet une meilleure connaissance des clients

Grâce aux outils du e-commerce, vous pouvez apprendre comment vos clients interagissent dans le temps, avec vos différentes offres de produits ou décisions, toute chose qui vous permettra de constituer une base de connaissance et de contacts de clients qualifiées pour votre prospection commerciale.

Il est difficile dans un commerce traditionnel de compiler une base de données clients et de la maintenir à jour, encore plus de la qualifier. Avec le digital, c’est une tâche automatique avec des données de qualité très précises.

Des coûts publicitaires très abordables et une prospection commerciale plus ciblée

Pas besoin de commander une pub télé onéreuse, aux résultats imprédictibles et qui va toucher une audience inconnue. Avec Internet, votre publicité peut être vue par une grande audience et en plusieurs lieux à la fois selon votre ciblage, à moindre coût.

Que vos clients soient en Afrique ou à l’étranger, vous pouvez les touchez plus facilement. Et si vous touchez la bonne audience avec la bonne offre, votre activité peut s’accélérer très vite.

Des charges salariales moins onéreuses

La plupart des opérations se font en back-office ou en télétravail. A part quelques postes clés comme la direction logistique ou marketing, les coûts salariaux sont souvent plus économiques.

Vous pouvez personnaliser la visite de votre boutique en ligne

En fonction du profil de l’internaute et de ce qu’il recherche, il est possible de personnaliser le site web (Outils avancés ou interface simplifiée, codes du luxe ou codes promotionnels, univers masculin, féminin, jeune, professionnel…) en fonction de l’expérience utilisateur.

Le e-commerce vous permet d’acquérir de nouveaux clients sans publicité

Sur Internet, le contenu est roi. Plus vous mettrez en ligne du contenu de qualité et plus vous développerez votre référencement et votre visibilité sur les moteurs de recherches.

Vos clients peuvent ainsi vous retrouvez sans que vous ne lanciez de nouvelles campagnes de publicité. En plus de les fidéliser, c’est un levier important d’acquisition de clients.

Disponibilité de puissants leviers webmarketing

Il est possible de mettre en avant des produits selon de nombreux critères, de nombreuses façons et dans différents contextes. Il est ainsi plus facile d’influencer un client, de mettre en avant des produits à forte marge, de faire du cross-selling ou de l’up-selling.

Là où un commercial doit être formé et encouragé pour faciliter la vente d’un nouveau produit, le web peut être configuré pour le faire en quelques clics.

Alors que dans un commerce traditionnel, augmenter ses ventes nécessite des actions complexes, longues et coûteuses, le web est plein d’outils digitaux d’aide à la vente qui permettent d’avoir très vite des résultats. On a par exemple l’emailing, l’envoi de SMS, les campagnes d’affichage digitales, l’achat de mots-clés, l’affiliation, les partenariats…

Peu importe qui vous êtes sur internet ; ce qui importe, c’est ce que vous offrez. Cela met à égalité les petits été grands commerçants, les séniors et les juniors… tout le monde a sa chance de réussir, seuls les résultats comptent.

Le e-commerce offre encore plus de possibilités

Le soir, le week-end ou les jours fériés, il est relativement facile de maintenir un service disponible en e-commerce, alors que cela peut être matériellement très compliqué dans le commerce classique.

Plus besoin d’attendre 15 jours ou 2 mois entre une décision et des résultats. Préparez vos visuels, ciblez, prospectez… en moins d’une journée le téléphone peut commencer à sonner. En 3 jours vous pouvez avoir bouclé.

Grâce aux cycles de vente très court, vous pouvez améliorer votre stratégie, vos produits, vos arguments de façon itérative. D’un point de départ donné, vous avez la possibilité d’affiner votre stratégie marketing et réaliser des résultats optimaux en quelques jours ou semaines.

Vos clients vous attendent sur internet

Même si votre commerce classique (Offline) tourne bien, sachez que certains de vos clients achètent déjà en ligne et si ce n’est pas chez vous, ce ne peut être que chez vos concurrents. Les clients passent par Internet pour faire leurs achats pour de nombreuses raisons :

  • C’est ouvert tard le soir, parfois 24h/24 ;
  • Tous les produits sont visibles et décrits ;
  • Moins de pression pour acheter, plus d’objectivité ;
  • C’est facile de comparer les prix et les produits ;
  • C’est facile de naviguer dans des milliers d’articles ;
  • Il est possible d’acheter sans se déplacer, depuis son canapé ;
  • On évite tous les aléas de transport, circulation, etc ;
  • La vente en ligne est bien tracée, pour d’éventuels litiges ;

Dans certains pays, comme le Royaume Uni par exemple, c’est 30% du commerce de détail qui se fait en ligne. Et la tendance s’accélère.

L’Afrique doit suivre le mouvement et se préparer conséquemment au e-commerce qui sera l’avenir dans seulement quelques années. En lieu et place d’attendre passivement, nous devons faire preuve d’initiatives et d’innovations avant 2025. Tous les supermarchés des grandes villes africaines pourraient être transformés en de simples points de livraison des produits d’Amazon, d’Alibaba et autres, si nous continuons à observer sans anticiper sur cette offensive commerciale à venir sur le marché africain du commerce en ligne.

BAMBIO Z François, investirauburkina.net