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Burkina Faso : énergie solaire photovoltaïque, dernier rempart contre le déficit énergétique croissant

Le marché mondial de l’énergie solaire est en pleine expansion, avec une capacité installée d'énergie solaire de 728 gigawatts en 2020.

Le marché mondial du solaire devrait poursuivre sa croissance pour atteindre 1 645 gigawatts à l’horizon 2027, pour un TCAC de 13,78 % attendu sur la période de prévision 2022-2027.

Au niveau africain, l’accès des populations à l’énergie figure sur le listing des objectifs de développement durable à atteindre à l’horizon 2063, fixés par l’Union Afrique. Les états membres de l’union ont élaboré des stratégies et ont pris des textes qui accordent une attention particulière au développement des énergies renouvelables qui constituent aujourd’hui la porte vers la transition énergétique.

Or mis l’atteinte de l’efficacité énergétique, la stratégie adoptée vise également la réduction des émissions de gaz à effet de serre, conformément à la volonté affichée au niveau international par les nations.

Le Burkina Faso a, dans ce contexte, opté pour la construction de centrales solaires photovoltaïques comme dernier rempart contre son déficit énergétique croissant.

Le pays dispose cependant d’un véritable potentiel en matière d’énergie solaire qui n’attend qu’à être développé.

Le Burkina Faso jouit d’un fort potentiel d’ensoleillement, avec plus de 3000 heures d’ensoleillement par an, soit un potentiel d’énergie solaire immense de l’ordre de 5,5 KWh/m2/jour avec un ensoleillement quasi-permanent tout au long de l'année.

Malgré cet avantage concurrentiel hors pair, le Burkina Faso importe plus de 60% de sa consommation d’électricité des pays voisins comme la Côte d’Ivoire et le Ghana.

A l’avenir le Burkina Faso ne pourra plus compter sur ses voisins compte tenu de l’explosion démographique et le taux d’urbanisation croissant, facteurs aggravants du déficit énergétique. D’ailleurs, selon le rapport de 2009 de l’Initiative Régionale pour l’Energie Durale (IRED), les pays membres de l’UEMOA connaîtront un déficit énergétique de 24 102 MW à l’horizon 2030.

Conscient de cette problématique, depuis quelques années, le Burkina Faso s’est résolument tourné vers le développement de l’énergie solaire pour combler son déficit énergétique.

La part des énergies renouvelables, visée par les autorités burkinabè, devrait osciller entre 40 et 50% de l’offre énergétique nationale dans quelques années.

De nombreux projets de construction de centrales solaires sont déjà achevés ou en cours

  • En décembre 2017, le Burkina Faso a inauguré sa centrale solaire photovoltaïque de Zagtouli, la plus grande centrale solaire d’Afrique de l’Ouest d’une puissance énergétique de 33 mégawatts, qui devait par la suite être portée à 50 mégawatts. D’un coût total de 47,5 millions d’euros, la centrale a été financée par l’Union européenne et l’Agence française de développement (AFD) ;
  • Après Zagtouli, les travaux de construction d’une deuxième centrale solaire d’une capacité de 30 mégawatts, d'un coût de 33 millions d'euros, ont été lancés en février 2020 à Pâ, à environ 250 km à l’Ouest de Ouagadougou. Le projet est piloté par l’entreprise française Urbasolar, spécialisée dans l’énergie photovoltaïque ;
  • Troisième plus grande centrale solaire du Burkina Faso après Ziga et Zagtouli, la centrale solaire photovoltaïque de Nagréongo, dont les travaux avaient été lancés le 29 octobre 2020, a été inauguré le 7 juillet 2022 dernier. La centrale solaire photovoltaïque de Nagréongo s’étend sur une superficie de 52 ha avec 67000 panneaux de 445 W et va injecter 30 MWc dans le réseau de distribution d’électricité de la SONABEL et produira en moyenne 50 GWh d’énergie par an, soit l’équivalent d’un besoin énergétique de 25 000 ménages. La centrale solaire photovoltaïque de Nagréongo est le premier projet en termes de partenariat-public-privé (PPP) avec un paiement à usage public conduit au Burkina Faso. C’est un partenariat entre l’entreprise locale Africa Energy Corporation (AEC) et le producteur indépendant d’électricité français GreenYellow.
  • YELEEN, le plan solaire Burkina Faso 2025, est en cours et prévoit, entre autres, la production de 50 MWc d'énergie solaire photovoltaïque répartie en plusieurs centrales solaires à construire. D’un coût total de 136,69 millions d’euros, le projet est financé par l’Agence française de développement (AFD) et la Banque Africaine de Développement (BAD). Dans le cadre du projet, il a été lancé en juin 2020, un appel d’offres international pour la réalisation des travaux de construction clé-en-main de la centrale photovoltaïque (42 MWc) et du Poste 90/33 kV de Ouagadougou Nord-Ouest. Lesdites centrales seront raccordées au réseau national interconnecté. Cette première phase était prévue pour une durée de 18 mois et financée par l’AFD ;
  • Parallèlement au projet YELEN, les autorités burkinabè ont procédé en février 2019 au lancement d'un projet dénommé Back-up solaire, avec pour objectif de diversi­fier les sources d’énergie du pays par la vulgarisation de l'énergie solaire. Ledit projet a pour principales cibles les ménages, les particuliers, les PME et PMI, maillons essentiels de l’économie burkinabè.

Dans la perspective de réduction du gap énergétique, les autorités burkinabè entendent atteindre près de 700,62 MWc d’énergie solaire dans le parc national de production électrique d’ici à 2025.

Lire aussi : Energies renouvelables au Burkina Faso : un paquet massif de projets pour booster le solaire

Un marché du solaire favorable aux investisseurs privés

Le marché du solaire au Burkina Faso constitue une opportunité certaine pour les investisseurs privés.

Face à l’épineuse question du financement, l’Etat s’est donc résolu à faire appel à l’investissement privé afin de pallier ces difficultés. A travers l’adoption de la loi n°014-2017/AN du 20 avril 2017 portant règlementation générale du secteur de l’énergie et ses textes d’application, l’Etat du Burkina Faso entend procéder à :

  • la libéralisation des segments de production et de distribution ;
  • lla suppression de la segmentation, ce qui permet l’installation des Producteurs indépendants d’électricité (PIE) sur toute l’étendue du territoire national ;
  • la prise en compte des dispositions communautaires prévues dans le cadre de la construction du marché sous-régional de l’électricité ;
  • la suppression de l’acheteur unique d’électricité ;
  • l’introduction de dispositions spécifiques relatives à la promotion des énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique.

L’Etat encourage donc les investisseurs privés, nationaux et étrangers, à développer des projets de construction de centrales photovoltaïques sur des sites déjà identifiés ou à identifier et à construire des usines de fabrication de matériels et équipements solaires performants.

Lire aussi : Energie solaire : recherche de financements, l'option stratégique du Gouvernement

Quelques imperfections du cadre juridique à lever

Au Burkina Faso, pour toutes les questions relatives au traitement des investissements, les entreprises étrangères et leurs dirigeants bénéficient d’un traitement identique à celui accordé aux entreprises et aux dirigeants de nationalité burkinabè sous réserve de réciprocité de la part de leur pays d’origine.

Nonobstant ces dispositions favorables aux investissements, quelques imperfections ont été identifiées en ce qui concerne le cadre juridique de l’énergie solaire qui mériteraient d’être levés afin de clarifier les régimes juridiques et inciter davantage les investisseurs à occuper ce nouveau segment.

Citons par exemple le régime des autorisations et concessions de production/distribution ou de distribution de l’énergie électrique et le cadre dans lequel elles sont accordées : le Décret n°2020-255/PRES/PM/ME/MCIA/MINEFID/MATD/MUH du 07 avril 2020 utilise comme critère de distinction entre concession et autorisation le rayon de couverture géographique, soit un kilomètre maximum pour les autorisations et au-delà pour les concessions. Mais ce cadre n’est pas si clair que cela. En effet, en matière d’autorisations et de concessions, même si un cahier de charges est établi, peuvent exister quelques incertitudes juridiques dans les rapports entre l’investisseur et l’Administration, du fait de l’absence d’un cadre contractuel clair.

Par ailleurs, le Décret susvisé ne pose pas une règle simple en matière de compétence pour délivrer une autorisation ou accorder une concession et l’application faite à la règle est parfois fluctuante. Ainsi, compétence est donnée au Président du Conseil Régional pour la délivrance des autorisations et concessions dans le domaine de l’électrification rurale, alors que c’est au Ministre de l’Energie que cette compétence revient pour les autres domaines (hors champ rural). Il peut arriver qu’un projet d’électrification rurale s’étendent sur deux ou plusieurs régions, ce qui pose la question de l’autorité administrative compétente pour délivrer les titres d’exploitation, étant donné que cette problématique ne semble pas expressément résolue par le Décret susvisé.

Citons également comme obstacle à l’investissement le chevauchement de titres d’exploitation. Par exemple, une concession accordée à un investisseur pour la production et la distribution de l’énergie électrique, prise en tant que bien, peut se chevaucher, sur le même espace géographique, aux activités d’un autre investisseur pour la production et la distribution de l’énergie, prise en tant que service, ce qui est de nature à remettre en cause l’exclusivité octroyée.

La question du temps et du coût d’acquisition de la propriété foncière peut également être vue comme un obstacle, car pour des projets d’envergure, telle l’installation de centrales photovoltaïques, il est nécessaire d’obtenir de grandes superficies de terres et souvent en zone rurale. Or, selon les dispositions de la loi n°034-2009 du 16 juin 2009 portant régime foncier rural, la terre n’appartient plus exclusivement à l’Etat, et les habitants des localités concernées peuvent être propriétaires terriens, ce qui implique des coûts et délais de cession et de mutation. En l’absence d’une implication de l’Etat, l’opération peut donc se révéler longue et coûteuse.

En outre, il convient de relever que certes, une exonération à la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) sur les ventes et importation de certains matériels solaires est prévue par le Code Général des Impôts et l’Arrêté interministériel N°2020-33/ME/MINEFIED/MCIA du 16 mars 2020, mais cette mesure incitative n’est pas systématique puisqu’étant soumise à une attestation d’éligibilité délivrée par un Etablissement public à caractère administratif qui est exclusivement compétent.

Enfin, l’existence de prix-plafonds imposés à l’investisseur et contrôlés par l’Autorité de Régulation du Secteur de l’Energie (ARSE) peut être perçue comme une entrave à la libre fixation des prix, surtout lorsque le cadre règlementaire prévoit que la révision des conditions tarifaires est fixée à cinq (05) ans. Ces obstacles ne paraissent toutefois pas insurmontables et peuvent être identifiés et traités par la rédaction d’une convention de concession.

Les acteurs privés

Les investisseurs privés sont attendues dans le développement du solaire au Burkina Faso. L’intérêt des acteurs privés est grandissant avec quelques entrées enregistrées au cours de ces dernières années.

Faso Energy

Faso Energy est usine spécialisée dans la fabrication de plaques solaires. Situé dans la zone industrielle de Kossodo à Ouagadougou, Faso Energy veut se positionner comme leader dans la fabrication de plaques photovoltaïques sur le marché africain.

Inauguré le 22 septembre 2020, l’entreprise compte mettre sur le marché des plaques solaires de 250 watts et de 315 watts, avec une garantie de 25 ans pour se différencier de la contrefaçon.

Dotée d’une capacité de production de 80 à 120 MW annuel et d'une capacité de production journalière de 60 à 100 panneaux photovoltaïques par jour, Faso Energy va créer 170 emplois directs et plus de 1200 emplois indirects selon ses responsables.

D’un coût de 4 milliards de F.CFA pour la première phase, le promoteur a bénéficié de l’appui du gouvernement qui s’est engagé au côté de l’investisseur en l’allégeant d’un montant d’environ 850 millions de F.CFA en termes de fiscalité. Le promoteur envisage déjà une deuxième phase pour un investissement supplémentaire de plus de 9 milliards de F.CFA.

La société Speedtech Energy-Burkina Faso

Speedtech Energy-Burkina Faso, première usine d’assemblage et d’installation de plaques solaires au Burkina Faso est la filiale de la société taïwanaise Speedtech energy.

La société ne produit pas d’équipements solaires sur place à Ouagadougou, contrairement à Faso Energy. L’unité de Ouagadougou intervient dans l’assemblage des panneaux solaires fabriqués depuis ses usines à Taïwan.

En plus des panneaux solaires, l’usine commercialise des kits de lampes solaires portatives, des lampadaires solaires, des batteries solaires, des ampoules économiques de type LED etc.

La société intervient également dans la maintenance et l’entretien des équipements solaires.

L’unité a officiellement ouvert ses portes en juillet 2013 à Ouagadougou. Financée à près de 999 millions de francs CFA, Speedtech Energy-Burkina Faso emploie une soixantaine de salariés et produit des plaques solaires d’une capacité totale de 10.000 mégawatts par an.

Outre ces unités de production, le marché du solaire au Burkina Faso comprend de nombreuses entreprises expertes dans la maintenance, l’installation, l’importation et la distribution d’équipements d’énergie solaire.

L’espace Ouest-Africain, et particulièrement le Sahel, offre des opportunités de développement de grands projets solaires et représente une opportunité certaine pour les investisseurs privés.

Passionné du Web, à la fois Economiste et Conseiller en Gestion des Ressources humaines, monsieur BAMBIO est le fondateur de investirauburkina.net qu’il administre et anime, en collaboration avec des contributeurs, depuis février 2007.
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