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Mine d'or de Houndé (Burkina Faso)

Malgré la dégradation de la situation sécuritaire au Burkina Faso ces dernières années, son  secteur minier figure sans conteste parmi les plus dynamiques d’Afrique.

Entre 2016 et 2019, 10 nouvelles mines sont entrées en activité au Burkina Faso, portant de 10 à 17 le nombre total des mines en exploitation.

Le secteur aurifère connaît une croissance particulière avec une contribution de 13,13 %  au PIB en 2019 contre 10,6% en 2018.

Depuis 2008, l’or est devenu le premier produit d’exportation du Burkina Faso et représente 70% des recettes d’exportation du pays en 2019.

Le boom aurifère

La production industrielle d’or, premier produit d’exportation du Burkina Faso, est passée de 0,2 à 52,6 tonnes entre 2006 et 2018, avec un record de 15 % de croissance entre 2017 et 2018.

En 2019, le pays a malheureusement  enregistré une production de 50,3 tonnes d’or contre, soit une baisse de 4% par rapport à 2018. Ce recul de la production est imputable à la situation sécuritaire précaire que traverse le pays.

Si la production d’or a baissé en 2019, les recettes ont augmenté grâce à la hausse des cours mondiaux, passant de 1.294 milliards de francs CFA en 2018 (près de 2 milliards d'euros) à 1.420 milliards FCFA en 2019 (près de 2,2 milliards d'euros).

Malgré la situation sécuritaire et la pandémie du coronavirus, la production attendue en 2020 pourrait connaître une hausse par rapport à 2019 si la tendance se poursuit. Au 30 juin 2020, le pays  avait déjà enregistré 26,5 tonnes d’or.

Au titre des emplois, la production industrielle d’or mobilise officiellement 15.000 employés directs et 50.000 employés indirects.

Quant à la production artisanale elle s’élevait à 307 kilogrammes en 2018, selon l’Agence nationale d’encadrement des exploitations minières artisanales et semi-mécanisées (ANEEMAS).  Ce sous-secteur artisanal, aussi appelé orpaillage, emploie 1,5 million de personnes.

Ces performances place le Burkina Faso  au cinquième rang des pays producteurs d’or en Afrique après le Ghana, l’Afrique du Sud, le Soudan du Nord et le Mali.

L’or continue d’attirer les investisseurs

Cinq mines d'or entrés en production entre 2016 et 2018

Alors qu’une seule mine industrielle était en fonctionnement en 2007 dans l’industrie aurifère, les investissements ont afflué du Canada, d’Australie, de Turquie ou encore de Russie pour porter aujourd’hui ce chiffre à douze unités.

Le boom minier s’explique par à la croissance du prix de ce minerai et aux investissements de firmes internationales dans la recherche puis l’exploitation de gisements. Parmi les dernières en dates, la Société d’exploration minière d’Afrique de l’Ouest (Semafo, Canada) a démarré ses activités en septembre 2017 à Boungou, dans l’Est du pays, portant à cinq le nombre de mines entrées en production entre 2016 et 2018. Elle rejoint Riverstone Karma SA, Roxgold Resources, Houndé Gold operation SA et Nétiana Mining Company SA.

Les travaux de construction de la mine de Sanbrado, détenue par une filiale de l’australien West African Resources, ont été lancés le 10 mai 2019. La coulée du premier lingot d’or est prévue pour la fin de l’année 2020 et le site devrait générer entre 350 et 400 millions de dollars de recettes pour l’État burkinabè sur dix ans. Avec près de 11,5 tonnes d’or produites en 2018, le gisement le plus important reste celui du canadien Iamgold, à Essakane (Nord-Est).

Plusieurs mines d’or ont changé de main ces dernières années (Guiro, Inata, Youga, etc.), leurs propriétaires ne rencontrant aucune difficulté à trouver des repreneurs vue le dynamisme du secteur.

Organiser l'orpaillage, un leitmotiv du Gouvernement

Le Burkina Faso entend donc promouvoir la petite mine mécanisée et mieux encadrer l’exploitation artisanale de l'or. Pour y parvenir, l’Agence nationale d’encadrement des exploitations minières artisanales et semi-mécanisées (ANEEMAS) a été créée en 2015 pour une meilleure organisation du sous-secteur minier artisanal.

Un guichet unique est d’ailleurs prévu pour organiser l’orpaillage dans les zones d’extraction, toute chose qui permettra aux autorités de mieux contrôler cette activité et ainsi booster la semi-mécanisation de ce sous-secteur pour tendre vers la création de petites mines.

Par ailleurs, dans le cadre de la lutte contre la fraude dans ce sous-secteur, 17 comptoirs illégaux ont été démantelés par les services de contrôle de l’Etat courant l’année 2019.

Toutes ces actions visent à assainir le sous-secteur de l’exploitation artisanal de l’or de sorte à apporter plus de valeur ajoutée et à promouvoir une croissance endogène durable.

Fourniture de biens et services au secteur minier: un marché important pour les entreprises locales

L’un des principaux objectifs du gouvernement est de créer un tissu économique étoffé capable de fournir aux sociétés minières des biens et services de qualité répondant à leurs besoins, de sorte à faire de l’industrie extractive un véritable levier de croissance.

En 2015,  les entreprises locales n’occupaient que 14 % de part de marché pour ce qui est de la fourniture des biens alimentaires.

SAMAO: un rendez-vous annuel pour les acteurs africains et mondiaux de l'industrie minière

Le Burkina Faso organise et accueille depuis 2016, à Ouagadougou, la semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO). Un rendez-vous annuel qui vise à promouvoir le potentiel minier dans le contexte sous-régional et, plus largement, à offrir une plateforme d’échanges aux acteurs du secteur minier.

La 4ème édition de la SAMAO s’est tenue du 26 au 28 septembre 2019. Elle a eu pour thème principal : « Exploitation des ressources minérales et opportunités d’industrialisation de l’Afrique ». Près de 2 000 participants y ont pris part.

Le secteur minier burkinabè jouie d’un dynamisme étonnant au regard de la situation sécuritaire que traverse le pays et continue d’attirer les investisseurs étrangers. Il est pourvoyeur de revenus et d’emplois et représente un maillon important de l’économie burkinabè.

Une synthèse de BAMBIO Z. François, pour Investir au Burkina

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