L'immobilier figure incontestablement parmi les secteurs émergents au Burkina Faso. Le taux d’urbanisation au Burkina Faso est passé successivement de à 12,7 % en 1985 à 15,5 % en 1996. Ce taux pourrait atteindre 35 % d’ici à l’horizon 2026.

La croissance urbaine allant de pair avec l’amélioration du cadre physique de vie des populations, l’Etat burkinabè a réglementé le marché de l’immobilier en 2008 par la loi N° 057-2008/AN du 20 novembre 2008 portant promotion immobilière au Burkina Faso.

De l’agrément de la première société immobilière du pays octroyé en juin 2009, on dénombre 42 sociétés immobilières agréées à la fin 2014. A partir de 2016, ce fut la ruée vers l’immobilier. Des hommes d’affaires au grand gabarit furent alors leur entrée. On dénombre 268 sociétés immobilières agréées à la fin octobre 2019.

Le marché burkinabè de l’immobilier est incontestablement en plein essor, en atteste l’activité accrue des fournisseurs. De 6 milliards de FCFA en 2003, les importations de tôles et de ciments hydrauliques se sont chiffrées à plus de 39 milliards de FCFA en 2017. L’arrivée d’une pléthore d’intermédiaires (agences immobilières) est un autre indicateur qui dénote du dynamisme du marché de l’immobilier au Burkina Faso.

En dépit des irrégularités et dysfonctionnements, le secteur de l’immobilier reste un filon juteux pour les sociétés immobilières, fournisseurs et intermédiaires immobiliers.

L’Etat burkinabè demeure le plus gros client des promoteurs immobiliers. Dans son ambitieux Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) prévu sur la période allant de 2016 à 2020, l’Etat a mis un accent particulier sur l'accès au logement décent pour les ménages et à des bâtiments publics de qualité pour ses agents. Ledit programme avait prévu de porter le nombre de ménages ayant accès à un logement décent de 4.572 en 2015 à 35.000 en 2020 et le nombre de ménages assistés dans l’auto-construction de 100 en 2015 à 5.000 en 2020.

Bien que l’on soit loin du compte (De 2016 au 30 juin 2019, seulement 4 078 logements ont été livrés), le programme ayant pris fin en mars 2020, l’Etat a placé au cœur de sa politique l’amélioration continue du cadre de vie et de travail des burkinabè et restera pendant longtemps encore le client favori des promoteurs immobiliers. En attendant, pour abriter ses bureaux, l’Etat recourt à la location immobilière.

L’envol du marché de l’immobilier au Burkina Faso soulève l’épineuse question de la gestion de l'espace urbain par les autorités. De nombreuses irrégularités (délivrance tardive des titres fonciers, manque de cahiers de charges, complexité de la procédure d’obtention des avantages fiscaux etc.) sont imputables à l’Etat qui devrait encore mieux s’impliquer dans la régulation et le contrôle du secteur de l’immobilier au Burkina Faso.

Tout compte fait, vue le dynamise du secteur, investir dans l'immobilier au Burkina Faso demeure pour l'heure un business rentable pour les promoteurs.

Une synthèse de BAMBIO Z. François, pour Investir au Burkina

Source :

Annuaire du commerce extérieure 2017;
Plan National de Développement Economique et Social (PNDES).

X

Right Click

No right click