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Secteur bancaire

Dans un document publié en décembre 2018, la Banque mondiale qualifie le système bancaire burkinabè de «bien capitalisé et rentable». Le secteur bancaire burkinabè ne cesse en effet de se renouveler et de se consolider depuis une décennie.

L’entrée de nouvelles banques ces deux dernières n’a pas rebattu les cartes pour le trio en tête du peloton: Coris Bank (19,5 % de parts), suivi par la filiale burkinabè de BMCE Bank of Africa (17 %) et par Ecobank (16,5 %).

Le paysage bancaire burkinabè riche de quinze banques, jouit d’une bonne santé et continue d’attirer de nouveaux investisseurs.

Entrée de trois nouvelles banques burkinabè en 2018 et 2019

Wendkuni Bank International, filiale du groupe Planor Afrique qui est un groupe diversifié de l’homme d’affaires burkinabè Apollinaire Compaoré déjà présent dans les télécoms, les assurances et la distribution, a lancé ses activités le 28 mai 2018 à Ouagadougou. Le capital de 12 milliards de francs CFA de l’institution, qui veut être un levier du financement des PME/PMI, est également réparti avec la Banque régionale des marchés du Sénégal, l’Union des assurances du Burkina et des investisseurs privés burkinabè.

De son côté, la Banque de l’habitat du Burkina Faso (BHBF), qui cherchait un repreneur, est devenue International Business Bank (IB Bank) après l’arrivée à son capital d’un nouvel actionnaire privé, Mahamadou Bonkoungou, P.D.G. de l’entreprise de BTP Ebomaf. Elle est entrée en activité en février 2019.

BADF, une banque dédiée au monde agricole

« La Banque agricole du Faso est très importante dans ma vision pour un Burkina prospère dont l’agriculture, l’élevage et les autres activités de production sont les maillons essentiels de l’économie », a déclaré le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré lorsqu’il a lancé, le 29 mars 2019, à Ouagadougou, les activités de la Banque agricole du Faso (BADF).

Le nouvel établissement veut être la banque de financement de l’agriculture au Burkina Faso. Elle aura pour but de mobiliser l’épargne populaire en milieu rural et de financer, notamment, l’agrobusiness. Elle se positionnera aussi, notamment pour assurer sa rentabilité et sa pérennité, comme une banque universelle moderne au service de tous les Burkinabè des campagnes. Ancrée dans le monde rural, elle reste ouverte au financement des autres secteurs de l’économie.

Ce nouvel établissement, quinzième banque du Burkina Faso,  est doté d’un capital de 14,28 milliards de francs CFA, détenu majoritairement par l’État via le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES), la Loterie nationale du Burkina et la Caisse de retraite des fonctionnaires. Outre lces sociétés d’Etats, on dénombre parmi les actionnaires 13 organisations du monde paysan, 8 entreprises privées et 70 personnes physiques.

Son conseil d’administration est composé de dix membres, dont trois représentants du monde rural. La BADF, dont le siège est à Ouagadougou, ouvrira prochainement des agences dans les villes de Bobo-Dioulasso et de Dédougou puis, progressivement, dans l’ensemble des provinces du pays.

La BADF indique déjà avoir obtenu un accord de financement de 6,3 milliards de francs CFA auprès de la Banque africaine de développement (BAD). Des ressources qui devront permettre la mise en place d’une assurance agricole au profit du monde rural, en cas de calamités naturelles.

Des ratios de qualité, une prudence excessive ?

Les ratios de fonds propres des banques burkinabè restent dans l’ensemble supérieurs aux normes prudentielles de la sous-région.

Le risque de crédit est globalement maitrisé puisque le volume des prêts improductifs est toujours resté faible, y compris pendant la transition politique de 2014-2015. Les risques systémiques sont donc globalement maîtrisés, le système bancaire se caractérisant par sa solvabilité, sa liquidité et sa prudence en matière de prêts. Une prudence excessive ? La question mérite d’être posée car malgré les progrès récents, le marché bancaire burkinabè doit « améliorer sa capacité à soutenir l’économie réelle». D’importants obstacles subsistent pour accéder au crédit, en particulier pour les femmes, les populations vivant en zones rurales et le secteur agricole.

Alors que le secteur agricole emploie près de 80 % de la population et représente environ 25 % du PIB, il ne reçoit que 5 % des crédits.

En revanche, le commerce (12 % du PIB) et les BTP (7 % du PIB) perçoivent respectivement 29 % et 16 % des crédits.  C’est pour rééquilibrer la répartition des prêts que le gouvernement a lancé en 2019 la Banque agricole du Faso (BADF).

La répartition inégale du crédit se manifeste aussi dans sa concentration : les cinq premiers créanciers, dont les entreprises publiques Sonabhy (importation de pétrole) et Sofitex (coton), représentent environ 10 % des crédits à l’économie.

Au total, le taux de crédit à l’économie burkinabè s’est établi à 33,1 % en 2018, pour une cible de 31,5 %, contre 32,9 % en 2017.

Le mobile banking en plein essor

Malgré le dynamisme du système bancaire burkinabè, l’inclusion financière demeure faible. Moins de 25 % de la population détenait un compte dans une institution financière en 2018 et moins de 10 % de la population a pu emprunter auprès d’institutions financières, ce qui freine le développement du secteur privé.

C’est la raison pour laquelle les autorités ont lancé une feuille de route 2018 -2022 pour l’inclusion financière, compatible avec la stratégie régionale adoptée par la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Cette stratégie d’inclusion financière ambitionne de développer la microfinance, d’améliorer l’analyse des risques et les services financiers numériques et mobiles. Sur ce dernier point, les opérations d’argent mobile connaissent déjà un essor rapide. Le nombre de points dédiés à ces services a été multiplié par cinq sur la période 2014-2017, ce qui ouvre une nouvelle possibilité d’intégrer les personnes dépourvues de compte bancaire dans le système financier.

Une synthèse de BAMBIO Z François, pour Investir au Burkina

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