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anacarde au Burkina Faso

Avec une production moyenne annuelle de noix brute de cajou estimée à 100.000 tonnes, le cajou occupe le 3ème rang des produits agricoles d’exportation au Burkina Faso, derrière le coton et le sésame.

Au Burkina Faso, la filière anacarde mobilise près de 45 000 ménages exploitant une superficie totale de plus de 255 000 hectares d’anacardiers.

Une chute de plus de 50% des recettes d’exportations de la noix de cajou en 2019

Le Burkina Faso a exporté 98 921,8 tonnes de noix de cajou en 2019 pour 55 787 400 000 de F.CFA contre un record de 129 043,2 tonnes en 2018 pour un chiffre d’affaire de 117 113 200 000 de F.CFA, soit une baisse de plus de 52% sur les recettes d’exportation.

Les recettes d’exportation des noix de cajou étaient en hausse continue sur la période 2015-2018, où elles sont passées de 51 milliards de FCFA à 117 milliards de FCFA soit une hausse de plus de 50%.

Pour la Rédaction de investirauburkina.net, ce recul des exportations en 2019 s’explique en grande partie par la crise du covid-19 survenue à la fin 2019 et ses effets néfastes sur les chaînes d’exportation.

La plupart des usines indiennes ou vietnamiennes transformatrices d’amandes de cajou étaient d’ailleurs en difficultés avec des contrats de noix de cajou brute annulés ou décalés.

La majorité des exportateurs tout comme les importateurs préféraient alors ne pas s’engager sur cette période incertaine de covid-19.

Prix des noix de cajou en 2021

Pour la campagne anacarde 2021, le prix plancher bord champ du kilogramme de la noix brute de cajou a été fixé à 300 F.CFA.

Quant au montant du prélèvement sur l’exportation et la réexportation de la noix de cajou, il a été maintenu à 25 FCFA/kg pour la campagne anacarde 2021 contre 50FCFA/Kg au Benin et environ 75 FCFA/Kg en Côte-d’Ivoire.

Plus de 10 000 burkinabè vivent de la commercialisation des noix de cajou au Burkina Faso. Pour les autorités burkinabè, ce prélèvement qui est le plus faible de la sous-région a pour but de garder la filière anacarde compétitive aux regard des menaces exogènes.

Transformation de la noix brute de cajou

Le maillon transformation des noix de cajou mobilise près de 11 000 emplois directs à plus de 92% détenus par des femmes.

En 2019, le Burkina Faso a transformé près de 10 000 tonnes de noix brute de cajou, soit 10% de sa production totale. Un taux de transformation encore marginale mais qui selon les responsables du Conseil Burkinabè de l’Anacarde, devrait atteindre 45% d’ici à l’horizon 2024.

En l’espace de deux campagnes (2018-2019), au titre des prélèvements sur l’exportation et la réexportation de la noix de cajou, ce sont près de six milliards de Francs CFA qui ont été collectés pour financer la filière cajou au Burkina Faso.

Politiques en faveur de l’anacarde au Burkina Faso

La filière anacarde a amorcé son essor en 2015 suite à réorganisation en 2015 par le Comité interprofessionnel de l'anacarde du Burkina (CIA‑B) une association interprofessionnelle soutenue par les partenaires de développement, le secteur privé et le gouvernement.

La structuration de la filière cajou au Burkina Faso franchit un pas supplémentaire avec la création du Conseil burkinabè de l’anacarde (CBA) en mai 2019. Établissement public de l’Etat à caractère économique, le CBA vise à promouvoir la filière anacarde et dispose d'un cadre réglementaire de perception de recettes de noix brutes de cajou en vue de contribuer durablement au financement de la filière anacarde au Burkina Faso.

L’Afrique fournie plus de 50% de la production mondiale de noix de cajou

Selon un rapport de la CNUCED «Coup d’œil sur les produits de base : numéro spécial sur les noix de cajou» publié en janvier 2021, le commerce mondial de noix de cajou brutes a plus que doublé entre 2000 et 2018 pour atteindre 2,1 milliards de kilogrammes dont près des deux tiers fournis par les producteurs africains. La Côte d'Ivoire, la Tanzanie, le Nigéria, le Bénin, la Guinée-Bissau, le Mozambique et le Ghana sont les principaux producteurs mondiaux de cajou.

La demande des noix de cajou continue de croître sur les marchés mondiaux. Toujours selon la CNUCED, le problème réside dans le manque d’industries de transformation de la noix brute de cajou en Afrique.

Moins de 15% des noix de cajou produits en Afrique sont décortiquées sur le sol africain, ce qui prive l’Afrique des nombreuses opportunités liées à l'explosion de la demande mondiale de cajou.

La quasi-totalité de la production africaine de cajou est exporté principalement vers l’Asie, où 85% des noix de cajou du monde sont décortiquées. L’Inde et le Viet Nam ont totalisé à eux deux environ 98% des importations mondiales de noix de cajou brutes entre 2014 et 2018.

Les noix décortiquées sont ensuite vendues en Europe et en Amérique du Nord, où 60% des noix de cajou sont torréfiées, salées, emballées et consommées en accompagnement d’apéritifs ou incorporées dans une boisson, une barre nutritive ou dans d’autres produits.

Pour l’heure les agriculteurs et les exportateurs du continent n’obtiennent qu’une fraction du prix de détail final.

Ce que perdent les pays africains

Bien qu’il soit difficile d’évaluer le manque à gagner par l’Afrique sur commerce des noix de cajou, la CNUCED donne une idée des pertes sèches subie par les pays africains en prenant l’exemple de la Côte d’Ivoire premier producteur mondial de cajou.

En 2018, par exemple, le prix à l'exportation des noix de cajou de l'Inde vers l'Union européenne (UE) était environ 3,5 fois plus élevé que celui payé aux producteurs ivoiriens de noix de cajou - une différence de prix de 250%.

Et après une deuxième étape de transformation dans l’UE, le prix des noix de cajou était environ 2,5 fois plus élevé que lorsqu’elles étaient exportées de l’Inde - et environ 8,5 fois plus qu’à la sortie de la ferme en Côte d’Ivoire.

Ce calcul estimatif montre le potentiel de création de valeur ajoutée et la richesse que les pays africains pourraient engrangée sur la filière anacarde.

Les opportunités du marché international ouvrent des perspectives incroyables pour les transformateurs africains qui pourront mettre sur pied une véritable industrie de la noix de cajou et adopter une politique prenant en compte l'ensemble de la chaîne de valeur de la noix de cajou (production, transformation et commerce).

BAMBIO Z François, investirauburkina.net