Poissons | Pêche | Pisciculture Filière poisson : le Burkina produit moins de 10% de sa consommation

Le Burkina produit moins de 10% de sa consommation en poisson.

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Filière poisson : le Burkina produit moins de 10% de sa consommation

La demande est si forte qu’il existe une pression insoutenable sur  les barrages et autres points d’eau du pays. Conséquence, il est de plus en   plus difficile de trouver non seulement  des poissons de grande taille mais aussi certaines espèces de poissons. Seules, quelques rares  espèces résistantes arrivent à survivre…

Il  existe environ 148 espèces de poissons au Burkina Faso selon des recherches effectuées par  Dr Adama Ouéda, enseignant chercheur à l’Université de Ouagadougou. Cependant, seulement deux ou trois de ces espèces sont dominantes. Dans certain point d’eau, la perte progressive de biodiversité est très remarquable. Dr Raymond Ouédraogo, coordonnateur national du projet de gestion de la pêche et des ressources en eau (SUSFISH), dont la thèse a porté sur les « Aspects halieutiques des pêcheries continentales des zones arides du Burkina Faso », s’est intéressé au peuplement piscicole en relation avec la dégradation de l’écosystème aquatique. Il ressort que toutes les activités menées par les hommes autour et même  loin des points d’eau ont une conséquence directe sur la biodiversité des poissons.

Les recherches du Dr Raymond Ouédraogo ont concernées trois zones géographiques à savoir le ranch de Nazinga, la zone de Koubri et le lac. Ces zones  choisies selon leur niveau plus ou moins avancé de dégradation. Entendez par dégradation, la présence de matières insolites et la pollution par les pesticides et métaux lourds.

Dans le ranch de Nazinga, une aire protégée, 48 espèces de poissons  ont été répertoriées  sur 8 plants d’eau soit une petite superficie de 240 h. Dans la zone de Koubri qui  est modérément endommagée, 15 barrages soit 1200 hectares de superficies  ont été étudiées. Dr Ouédraogo y a dénombré 32 espèces.  Enfin, dans le lac Bam, dix fois plus grand que la superficie des points d’eau du Nazinga, soit 2600 hectares, seulement 20  espèces de poissons, ont été identifiées.  Les effets des regroupements humains, de l’agriculture pluviale, du maraîchage, de l’élevage, de la déforestation, et même de la construction de barrages dans le bassin versant  du lac, ont entraîné la disparition progressive des poissons, au point qu’il n’en existe presque plus  dans ce lac depuis quelques années. «  Dans les zones fortement dégradées comme le lac Bam, seuls les poissons très résistants, qui se reproduisent vite et qui mangent du tout  arrivent à survivre. Ce sont des poissons qui résistent à la pollution, même quand l’eau est très boueuses » a noté Dr Ouédraogo. Par contre, certaines espèces  ont complètement disparu dans le lac, ne trouvant pas les conditions nécessaires à leur reproduction. C’est le cas par exemple d’un poisson  comme le capitaine (lates niloticus) qui a été réintroduit deux fois dans le Bam sans succès. Par contre, le capitaine ainsi que d’autres espèces  rares et très chères comme etérotis, le labéo  pullulent dans les points d’eaux du Ranch de Nazinga.

Les recherches menées par Raymond Ouédraogo, démontre ainsi que  plus une zone est endommagée, plus le nombre d’espèces de poisson est réduit, plus les poissons sont de  petites taille avec une tendance à la dominance d’espèces naines. A l’inverse, les caractéristiques des communautés des poissons d’un barrage ou d’un lac sont fonction de l’état d’endommagement des eaux .C’est-à-dire que les ressources piscicoles et la pêche peuvent parfaitement être utilisées comme porte d’entrée dans l’analyse et la conservation des eaux dans leur composantes naturelle, humaine et politique.

La dégradation continuelle de l’environnement  est selon les chercheurs, l’un des facteurs qui empêchent le développement de la filière pêche au Burkina.

Pour le Dr Raymond Ouédraogo, le Burkina  a atteint le maximum de son potentiel de production en ce qui concerne la pêche de capture trop soumises aux aléas climatiques et  aux conflits d’usage autours des points d’eau. La pêche de capture désigne la pêche qui se fait dans les points d’eau naturelle et les barrages. Elle  s’oppose de ce fait  à la pisciculture.

Le saviez –Vous ? Il n’existe pas de carpe au Burkina Faso

Selon Dr Adama Ouéda, enseignant chercheur à l’Université de Ouagadougou, il n’existe pas d’espèce de carpe (Cyprinus carpio de la famille des  cyprinidés) au Burkina Faso. Les poissons  communément  appelés carpes sont  en réalités des tilapias du nil  (Oreochromis niloticus).

Fatouma Ouattara (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

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Lu 6666 fois Dernière modification le mercredi, 18 février 2015 19:11
BAMBIO Z. François
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