Volaille Filière volaille : la production s’estime à 37,5 millions de têtes en 2010, pour une valeur estimée de plus de 65 milliards de FCFA

L'élevage représente l’une des composantes principales de l'économie de certains pays d’Afrique Sub-saharienne (plus de 30 % dans la formation du produit intérieur brut) dont le Burkina Faso. 

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Filière volaille : la production s’estime à 37,5 millions de têtes en 2010, pour une valeur estimée de plus de 65 milliards de FCFA

En plus des ruminants, l'élevage de volailles revêt une importance capitale et stratégique pour le Burkina Faso et contribue pour une grande part à la satisfaction des besoins en viande de la population urbaine. En décembre 1998, au Burkina Faso, selon les statistiques du Ministère des Ressources Animales, la volaille était estimée à 21 133 000 têtes.

L’enquête nationale sur les effectifs du cheptel (ENEC II) fournit le chiffre de 32 065 066 têtes en 2003, soit une progression de 51,72% entre ces deux périodes.

Contrairement à ce qui se passe dans certaines villes d'Afrique de l'Ouest (Abidjan et Dakar par exemple) où la production industrielle de poulets de chair est en plein essor, la filière volaille burkinabè reste largement influencée par le mode de production traditionnel, le secteur urbain ne pourvoyant que 0,8 % seulement des effectifs totaux élevés.

Depuis 2005 et selon les estimations de la Direction Générale de la Prévision et des statistiques de l’élevage, l’effectif de la volaille a connu une croissance régulière, progressant ainsi annuellement au cours de la période 2005-2009 de 3%, comme l’indique le tableau ci-dessous :

Evolution des effectifs de la volaille (poules et pintades) en milliers de têtes.

Années

Déc 2005

Déc 2006

Déc 2007

Déc 2008

Déc 2009

Effectifs

32 358

33 329

34 329

35 359

36 420

Sources : M.R.A/D.G.P.S.E                             

Si la tendance se maintient, la production s’établira à plus de 37,5 millions de têtes en décembre 2010, pour une valeur estimée à plus de 65 milliards de FCFA si l’on réfère au prix sur les marchés de référence au 1ertrimestre 2010 (1752 FCFA/Tête en moyenne). La production est cependant essentiellement destinée à la consommation nationale et l’exportation de la volaille ne fournit au pays qu’environ 5 milliards de FCFA/an (Investir-bf.info, à partir de l’étude de S. Ouedraogo et S. Zoundi, 1999).

Pour décrire cette filière, il est important de savoir « qui fait quoi ». La filière poulets de chair relie des agents (par des flux d’échange) qui contribuent directement ou indirectement à la production, à l'acheminement du produit sur le marché, à la transformation et à la consommation.

Les différents acteurs et leur rôle

Producteurs : Ce sont les éleveurs de poulets de chair. À ce niveau on distingue les éleveurs traditionnels et les éleveurs modernes. Les éleveurs traditionnels pratiquent une production extensive contrairement aux éleveurs modernes qui pratiquent une production intensive.

Collecteurs villageois : Ce sont des acheteurs locaux. Ils parcourent les villages et les marchés ruraux pour acheter les poulets auprès des producteurs. Ici on peut distinguer deux modes de collecte.

un mode direct où le collecteur agit pour lui même. Il dispose de son propre capital, achète les poulets et les revend aux grossistes; c'est le principal mode de collecte des poulets.

un mode indirect où le collecteur agit en tant qu'intermédiaire au service des grossistes. Dans ce second cas, le collecteur reçoit de l'argent d'un grossiste et c'est à lui qu'incombe le regroupement des poulets en des lots suffisamment importants pour être transférés au grossiste moyennant un salaire ou une commission.

Grossistes urbains : Ils s’approvisionnent auprès des collecteurs villageois et des producteurs. Avec les collecteurs villageois, des rendez-vous sont pris dans un village donné où tous les collecteurs des villages environnants se rendent à la rencontre du grossiste. Il faut noter que chaque grossiste a ses clients collecteurs-livreurs, ce qui signifie une segmentation du marché. Comme moyen de transport, ces grossistes utilisent des motos, des mobylettes, des bicyclettes et les transports en commun par camion.

Revendeurs urbains : Ce sont en fait des demi-grossistes qui rencontrent les grossistes à leur retour, à l'entrée des grandes villes, et prennent le produit pour le revendre aux détaillants, aux hôtels-bars-restaurants et aux grilleurs. C'est seulement dans le cas où le produit n'est pas entièrement enlevé par les revendeurs urbains que le grossiste peut lui même le vendre aux grilleurs et aux restaurateurs.

Détaillants : On les retrouve dans des points de vente précis où ils vendent les poulets aux consommateurs.

Supermarchés : Ils s'approvisionnent en œufs et en poulets de chair avec les producteurs urbains. Les poulets sont abattus, congelés et vendus aux consommateurs. Ce sont les principaux clients des producteurs urbains.

Consommateurs/transformateurs : C'est dans cette catégorie que se classent les ménages et les services (restaurants-bars-hôtels) et grilleurs. La livraison aux grilleurs, bars-restaurants-hôtels est la destination dominante des poulets de chair.

Principales contraintes

En dépit de sa forte contribution en termes de revenus et d'emplois générés, la filière avicole connaît de sérieuses difficultés.

Au niveau de la commercialisation

Les entretiens avec les grossistes, les revendeurs et les détaillants urbains ont permis de relever un certain nombre de contraintes spécifiques dont les plus importantes ( par ordre décroissant ), de leur point de vue, sont les suivantes :

  • Les difficultés de collecte - trois jours de collecte sont souvent nécessaires aux collecteurs. Il faut à ce niveau, compter avec la période de l’hivernage où les pistes sont impraticables,
  • les mortalités occasionnées lors du transport vers les grandes villes;

l'insuffisance du capital financier

 

Au niveau de la production

 Les principales contraintes mise en exergue sont entre autres :

  • Les mortalités importantes dues aux maladies. Plusieurs actions ont été déployées depuis les années 1980 (notamment grâce à l'action du PDAV) mais le problème demeure une préoccupation nationale. Plus particulièrement en ce qui concerne la mortalité des pintadeaux.
  • Le problème de manque d'habitat adéquat. Cela constitue un des facteurs favorisant le développement de nombreuses maladies, notamment les maladies respiratoires et digestives.
  • Les prédateurs dont l'action affecte fortement la productivité des reproductrices.
  • Le problème d'alimentation. Cette question n'est pas perceptible lorsque les effectifs possédés sont à un niveau réduit, mais devient une réalité
  • lorsque les effectifs sont importants. Hormis son incidence sur la recherche d'aliments pour la volaille, il faut reconnaître que, de façon générale,
  • l'insuffisance de main-d'œuvre influence négativement le développement de gros effectifs de volaille ; les jeunes animaux nécessitant beaucoup de soins et de surveillance (surtout les pintadeaux).
  • L'insuffisance des services d'encadrement technique face aux besoins spécifiques de ce secteur de production. À cela il faut ajouter les conditions climatiques très défavorables, notamment la chaleur, qui cause de nombreuses mortalités et la chute importante de la ponte.
  • L'insuffisance de systèmes d'accès au crédit et à d'autres sources de financement pour la mise en place des infrastructures et la dotation de fonds de roulement.
  • Les coûts élevés des intrants. En ce qui concerne les aliments, la plupart des sources protéiques et vitaminiques sont importées des pays voisins avec des conséquences énormes en termes de disponibilité et de coûts. Pour les intrants vétérinaires, le problème d'acquisition est surtout dû au faible développement du secteur privé.
  • Le manque de professionnalisation. Très peu  de producteurs vivent uniquement de leur activité. Ceux qui s'y intéressent et qui ont la possibilité de s'y investir ne sont généralement pas des professionnels.
  • La forte compétition entre la production avicole moderne et traditionnelle. Cela se ressent surtout au niveau de la production des poulets de chair.

PERSPECTIVES DU SECTEUR AVICOLE

Entre 1992 et 2004, la part relative de la production de viande de volailles sur la production totale de viande et de poisson au Burkina Faso a diminué de 18% à 13% (Dr Kondombo Salam Richard, Septembre 2007). Le sous-secteur avicole industriel joue un rôle important pour l’approvisionnement en œufs de consommation et peut être une source d’emplois et de revenus pour des entrepreneurs avicoles. En effet, l’aviculture semi-industrielle crée des emplois salariés et la plupart des aviculteurs en font leur activité principale, ce qui leur procure des revenus substantiels. La filière peut participer conséquemment à l’auto-emploi et à la résorption du chômage chez les jeunes. Son développement aura donc un impact significatif sur la lutte contre la pauvreté dans le pays.

De nombreux plans et programmes ont été adoptés ou sont en voie d’adoption et ambitionnent de soutenir le développement de la filière avicole au Burkina Faso.

Le gouvernement a adopté, en plus des programmes existant, un plan d’action et programme d’investissement pour le secteur de l’élevage au Burkina Faso (PAPISE) en 2000 et un plan d’action pour le développement de la sous filière avicole traditionnelle (PA-AT) en 2007.  Ces deux plans qui traduisent la volonté du gouvernement de faire de l’élevage un des leviers de l’économie du pays , offrent des cadres appropriés pour la mise en œuvre des actions d’amélioration des performances de l’aviculture à travers la levée des contraintes d’ordre sanitaire telles que la pseudo peste aviaire et la mortalité des pintadeaux , la faiblesse de la formation , de l’information et de la sensibilisation des producteurs qui réduisent également les performances de l’aviculture .

La Maison de l'aviculture , lancée en janvier 1998 apporte également un appui au niveau des services techniques (visites des fermes par des techniciens, suivi des filières, vulgarisation de pondoirs, etc.), de laformation (documentation, formations techniques) ; l’approvisionnement en intrants et matériels, lapromotion( journées de l'agro-alimentaire, campagnes de promotion); la recherche ( réseau d'épidémio-surveillance , appui à la formulation pour la fabrication d'aliments),  l’aspect sanitaire ( sensibilisation sur l’utilisation de médicaments, approvisionnement en vaccins) et le suivi économique (préparation de dossiers de financement).

Pour assurer un développement soutenu du secteur avicole, l’organisation et la formation des acteurs de la filière doivent être de mise, afin d’assurer une amélioration de la productivité des élevages avicoles, tant pour l’aviculture familiale que semi-industrielle.

BAMBIO Z. François, pour Investir-bf.info

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